RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XXXV
n'a pas hésité à travailler pour aider sa maîtresse, que l’invasion avait privée momentanément de ses ressources. Aujourd’hui, celle pour qui elle avait un véritable culte n'est plus: elle est restée au service de la famille, et a demandé l'autorisation d’aller, pour la Toussaint, à Longuyon, orner à ses frais la tombe de la morte, disant qu’elle « voulait faire encore quelque chose » pour celle qu'elle avait tant aimée. Il est impossible de trouver un plus beau cas de fidélité unie à la plus exquise délicatesse de sentiments.
Enfin, les prix Audiat et Lachasse réunis sont attribués à Mlle Renault (1). Après avoir servi trente et un ans sa maîtresse avec un désintéressement complet, elle n’a pas pu se faire, après la mort de celle-ci, à l’idée de servir de nouveaux maitres : son cœur ne pouvait se donner à d'autres. Elle vit seule, avec des ressources bien diminuées, car Mlle Renault est menacée de perdre un œil. Après s'être si longtemps sacrifiée aux autres, Mlle Renault mérite que l’on s'intéresse à elle. Vous l’avez compris, Messieurs, et vous avez voulu récompenser cette vie de travail et de vertu.
Nous nous inclinons respectueusement, Messieurs, devant ces hommes courageux, devant ces nobles femmes qui représentent pour nous le Bien. Grâce à eux, nous ne douterons plus du présent ni de l’avenir de notre France: nous savons que notre génération transmettra fidèlement aux générations futures le flambeau qui ne doit jamais s’éteindre.
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(1) Nancy, 54, rue du Faubourg-des-Trois-Maisons.