‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 33 sur 115 · XXXVII SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI · texte numérisé non relu

XXXVII SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI

belle vie calme et sereine consacrée à l’accomplissement d’une tâche à laquelle il semblait que de toute éternité il était destiné.

Des savants, comme votre confrère M. Favier, donnent l'impression d’avoir su répartir leur ouvrage sur les nombreuses années d’une longue vie et d’avoir sagement mesuré l'effort de chaque jour; d’autres au contraire, semblent avoir voulu, en un court espace de temps, réaliser l’œuvre de toute une vie et pour y parvenir, avoir, avec une ardeur téméraire, intensifié leur effort quotidien. Tel fut votre très aimé et très regretté confrère Henri Vocr, professeur de mathématiques appliquées à la Faculté des Sciences de Nancy, directeur de l’Institut &lectrotechnique et mécanique appliquée, chevalier de la Légion d'honneur, membre titulaire de votre Académie depuis le 21 janvier 1921, En moins d’un demi-siècle, il sut accomplir une œuvre de savant, de professeur, d’administrateur, qui exigeait un labeur étendu sur un plus grand nombre d'années.

Henri Vogt, dès les débuts de sa jeunesse, révèle la puissance de son esprit. À dix-sept ans il est reçu à l’École polytechnique et à l'École normale supérieure, à vingt ans il est agrégé de sciences mathématiques, à vingtcinq ans docteur ès sciences. Professeur au lycée de Nancy en IS88, il ne devait plus quitter notre ville où il enseigne, en 1590, les mathématiques appliquées à la Faculté des Sciences et en 1906, prend la direction de cet [Institut d’électrotechnique auquel 11 consacre toutes ses forces, tout son cœur, toute sa pensée.

Henri Vogt s'est donné à ses travaux avec la foi ardente d’un apôtre. Il faut admirer qu'il soit parvenu à poursuivre ses études scientifiques, organiser et développer cet Institut dont la renommée s'étend au delà de nos frontières et réserver une part de son temps si précieux à la formation du caractère de ses étudiants.

Sous une attitude effacée, ce savant modeste et laborieux cachait un esprit lumineux et puissant, une conscience droite, un amour sincère et dévoué de tous ceux qui allaient vers lui et auxquels il ouvrait largement les trésors de son savoir, de son expérience et de son cœur.

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