‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 37 sur 115 · XLII . SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI · texte numérisé non relu

XLII . SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI

se distribuaient, non pas des prix de vertu, mais des mitres et des crosses d’évêque. |

Membre titulaire de votre Compagnie, le 15 juin 1894, successivement secrétaire annuel, vice-président, président, Henri Mengin apportait à vos séances le rayonnement d’une claire intelligence sensible à tout ce qui touchaït son cher Nancy. La guerre vint bouleverser la belle ordonnance d’une vie consacrée dans un équilibre harmonieux, à l’amitié, aux lettres, aux arts, aux œuvres s0ciales et aux affaires. Notre collègue estima qu’il était dérisoire de mettre sa plume ou sa parole au service de son pays quand des milliers d'hommes lui sacrifiaient leur vie. [1] voulut servir en exposant la sienne. Me Mengin s’engagea dans la Compagnie des Sapeurs-pompiers de votre ville et pendant cinquante et un mois, sous les obus, sous les bombes, dans la flamme des incendies, il se dévoua avec cet entrain et cette belle humeur qui sont comme la fleur de l’héroïsme.

Henri Mengin ne devait plus souvent reparaître à vos séances, car, lorsque après la victoire 1l fallut restaurer Jes ruines de la guerre et diriger les destinées de la capitale lorraine vers des perspectives nouvelles, c’est à lui que fut confiée la première magistrature municipale. I s'y consacra jusqu'à l'épuisement de ses forces. La Ville de Nancy a fait des obsèques solennelles et profondément émouvantes à votre éminent confrère. qui réalisa le noble type de laristocrate. policé de mœurs, rafliné dans ses goûts, indépendant de caractère, conscient de sa valeur, ami du peuple et qui estime que le dévouement à la cité est le premier des devoirs.

M. Charles DESsEz, agrégé de philosophie, inspecteur d’'Académie honoraire, officier dela Légion d’honneur, est né à Dieuze. C’est dans son amour pour la petite ville lorraine qui, séparée pendant près d’un demi-siècle, sut maintenir intact le culte de la France, qu’il puisa ce sens profond du patriotisme lorrain qui anima toute sa vie et qu'il trouva la meilleure et la plus sûre des méthodes d'éducation : le régionalisme.

Bien qu'avant consacré la plus grande partie de sa carrière à l'inspection, M. Dessez resta un éducateur; que ce

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