XLVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI
sur la vie à la campagne, sur les événements contemporains où sur ceux d’un proche passé dont il a pu interroger les témoins. Il note ses impressions de chasseur amoureux de la forêt vosgienne, il évoque la vie d’autrefois dans nos petites villes lorraines dont il pénètre les secrets, 1l fixe l’histoire des événements dont furent le théâtre pendant la grande guerre sa ville natale Raon et sa petite patrie, les Vosges. Louis Sadoul donne la vie à tout ce qu’il touche. Qu'il s’agisse de présenter les personnages de magistrats, d'avocats, de notables d'il y a cent ans, de reconstituer la vie de Raon pendant la guerre et l'invasion, de conter l’histoire de François de Neufchâteau en ménage ou le Crime des Cardinaux, c'est moins par l’amusant ou le tragique des aventures que nous sommes intéresés que par la résurrection pittoresque d’une époque où le psychologue a autant de part que l'historien.
Vous avez nommé membre titulaire le 20 janvier dernier M. Joseph LAURENT, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université de Nancy et doyen de cette Faculté, chevalier de la Légion d'honneur, votre associé correspondant depuis le 7 janvier 1921. Tandis que M. Sadoul se plait à scruter dans le cadre provincial les événements de la vie contemporaine, ou ceux qui lui touchent de près, c’est aux environs de l’an mille et dans ce Proche Orient dont la France ne s’est jamais désintéressée que notre collègue porte les lumières de son érudition et la méditation de son esprit qu'ont discipliné et enrichi l’enseignement de l’école de Rome et celui de Pécole d’Athènes. Dans un ensemble d'ouvrages d'autant plus remarqués qu'ils apportent de nouvelles clartés sur des questions sinon dédaignées du moins laissées un peu dans l'ombre, il étudie l'histoire de FEmpire byzantin et des peuples qu'il a combattus et trace de main de maître l’origine et les malheurs de cette nation arménienne qui depuis des siècles tente désespérément de s’açcrocher à un sol où fixer un État et fonder une patrie. C'est par des travaux comme ceux de M. Laurent qui concernent des pays étrangers que se maintient hors de nos frontières la primauté intellectuelle de la France.