‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 44 sur 115 · COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1927-1928 XLIX · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU DE L’EXERCICE 1927-1928 XLIX

M. Bernard Purox, président du tribunal de Remiremont, chevalier de la Légion d’honneur, appartient à la race de ces magistrats cultivés, amoureux des lettres et des arts, qui savent trouver dans l'horizon de leur ville natale toutes les joies et toutes les gloires que d’autres poursuivent en vain sur les grandes routes du monde. À la robe rouge bordée d’hermine, il a préféré la simple toge qui lui permit pendant plus d’un quart de siècle, tout en faisant régner la justice en sa petite ville de Remirement, d’en étudier les traditions, les institutions, les monuments et de recueillir — non pas avec l’avidité de l’antiquaire, mais avec le soin pieux d’un Romarimontain fidèle au passé — ces objets rustiques derniers vestiges de l’artisanat rural, ces tableaux, ces sculptures et ces meubles, délicats témoins de l’époque des chanoinesses, Î] a réuni ces souvenirs en sa maison familiale dont il a fait un musée évocateur de la richesse et de l’élégance de la vieille Lorraine et vous avez justement estimé qu'il y avait parmi vous une place pour ce magistrat qui est tout à la fois un artiste et un érudit.

M. Marcel MAURE appartient à une vieille famille de magistrats lorrains et comme M. Bernard Puton, bien loin de relâcher les liens qui l’attachent au sol natal, les resserre par l'étude de son passé. Membre du Comité du Musée historique lorrain, et secrétaire adjoint de la Socité d'archéologie lorraine, M. Maure est aussi un écrivain distingué à la plume alerte qui sait faire vivre les documents et utiliser la tradition orale. Dans les mémoires de la Société d’archéologie et surout dans le Pays brrain de notre confrère Charles Sadoul, il a donné des récits dont l'agrément n’exclut pas la sûreté de documenlation et qui évoquent les mœurs curieuses de l’ancienne société du Bassigny Barrois et de sa capitale Bourmont, si chère à votre confrère. Mais l’œuvre principale de M. Marcel Maure, c’est l’étude qu'il a entreprise sur Ni- Colas Charles, baron de Vincent, ancien page du duc Léopold, général de cavalerie au service de la Maison d'Autriche, ambassadeur de S. M. l'Empereur à la cour de France, qui fut un témoin attentif de tous les grands événements de la Révolution, de l’Empire et de la Res-

L SÉANCE PUBLIQUE DU 24 Mal 1928

tauration. M. Marcel Maure se doit de nous donner un travail définitif sur la figure attachante de ce Lorrain fidèle à l’auguste maison de Lorraine jusqu’à refuser l'invitation que lui fit Napoléon de servir sous ses ordres et qui a voulu mourir en Lorraine, en son château de Bioncourt-sur-Seille.

M. Gabriel GUÉMARD, docteur en dit ès sciences Jjuridiques, politiques et économiques, chef de service du Crédit foncier égyptien au Caire, membre de la Société des poètes français, membre de l'Institut d'Égypte, est de race lorraine. Sa famille est originaire de Lamarche. dans les Vosges.

Fixé en Égypte,il trouve — au contact des surviv ances françaises si vivantes toujours sur cette terre chargée des souvenirs de civilisations nombreuses — des raisons nouvelles de fortifier son patriotisme. Fonctionnaire, 1l conserve dans l’austérité de ses fonctions administratives le goût de la poésie, de l’histoire et des sciences juridiques. Il publie des vers : Sonnets et poèmes, Soirées d'Orient, une Histoire des Sources du droit musulman, une histoire de l’Institut d'Égypte et plusieurs études touchant la conquête de l'Égypte par Bonaparte.

Des hommes comme Gabriel Guémard honorent la France et la Lorraine et les font aimer à l'étranger. En l’accueillant parmi vous, vous avez voulu reconnaître les services que notre compatriote rend à la France sur cette terre d'Orient où il s'efforce de maintenir l'influence de notre patrie, en glorifiant ses souvenirs et perpétuant sa pensée.

M. Henri bE CoxiGLIANO, colonel de cavalerie, officier de la Légion d'honneur, n’a jamais — au cours d’une carrière noblement remplie, — laissé son esprit se détacher de sa ville natale Lunéville et de sa maison famihiale. Il y est né, ses parents y sont nés, il en connaît tous les secrets. Héritier d’une vieille famille lorraine, il en garde pieusement le patrimoine. Il a recueilli avec les meubles, les bijoux, les armes, les étoffes, les objets familiers, les lettres et les parchemins — les traditions attachées à ces objets matériels transmis de génération en génération depuis plus de deux siècles. Sa maison fami-

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