VERRIERS D’AUTREFOIS | LIX
tigieuse et dans des œuvres plus ou moins raffinées, entretiennent dans plus de vingt établissements modernes, le culte et l’art du verre ouvragé!
Et ce n’est pas que les verreries lorraines n'aient connu de grandes vicissitudes. Au nombre de 33, au milieu du ‘xvi® siècle, nommément désignées et privilégiées; au commencement du xvire, par suite des guerres et d’une fiscalité excessives, elles s’éteignirent en masse pour émigrer ou disparaitre; mais au xvr1®, sous le règne de Léopold, elles renaissent ou réintègrent le sol natal dont rien ne les arrachera plus!
Que furent autrefois ces braves et sérieux travailleurs?
De grands artistes comme les compagnons de Venise, de Bohème, ceux d’Allemagne qui travaillaient sous Albert Durer, rien ne permet de le penser. Il ne semble pas que, comme dan: les autres régions en France, des Vénitiens soient venus ou aient été appelés pour montrer leurs tours de main. Tout au plus, sur le tard, pour certainperfectionnements d’outillage, entend-on parler de quelques Bohémiens. En tous cas, encore une fois, 1l ne reste rien pour en juger. Et ce que nous savons de la fabrication en ces temps anciens ne comporte rien de bien suggestif au point de vue de l’art : c’est du verre plat à vitre, blanc ou de couleur, du flaconnage et de la bouteille, de la gobeletterie, c’est-à-drie de la verrerie d’usage courant qui se colportait dans les bourgs et que Palissy, tout au moins dans sa contrée, traitait fort dédaigneusement parce qu’elle ne se vendait pas cher et n'illustrait pas ses auteurs. N'importe, nous verrons comme dans l'ensemble cette production était étendue et réputée, comme elle était soignée, consciencieuse, recherchée. Et nous dirons que nos vieux Lorrains, du moins en verrerie, n'étäient traîtres à Dieu, ni à leur prochain.
Leur origine se. perd dans la nuit des forêts, comme celle de tous les métiers du feu : poterie, briqueterie, forges. C’est des Romains, sans doute, experts en tous ces arts, qu’ils apprennent à faire et à souffler le verre : les tombes gallo-romaines, les sépultures mérovingennes décèlent d’innombrebles objets de verre : vases funéraires, bijoux et imitations de pierreries, plaques