‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 61 sur 115 · LXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI · texte numérisé non relu

LXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI

de nos jours encore les débris; et s'élèvent à leur place, groupées en quelques cantons plus étendus, des usines importantes. Le baron de Dietrich les a visitées un peu avant 1789; il en a fait un rapport complet dans sa description des « bouches à feu de France ». Ce seront : dans le comté de Bitche, Meisenthal, Goetzenbrück, qui fait d’un petit produit rare et cher, le verre de montre et le verre de bésicles, un article industriel important, à raison de 2.500 pièces par jour; Münzthal devenu verrerie royale de Saint-Louis qui a 3 fours en marche et 94 verriers, et crée en France avec M. de Fontenay la fabrication du cristal. Au pied de Dabo, Plaine de Walsch, qui deviendra la grande usine de Vallerysthal. Dans les Vosges et leurs environs, la verrerie de Tonnoy fondée en 168 par privilège à M. de la Pommeray et transférée à Portieux, où elle compte en 1783, 2 fours de 12 pots et produit 6.000 pièces de gobeletterie par jour: La llanchotte, Thietry, la Bataille-l‘rancoigney, Clairefontaine, seules survivantes de la forêt de Darney, appartenant surtout aux familles d’'Hennezel, réinstallées elles aussi au bercail de la vieille prévôté. Vannes-le-Châtel, près de Toul; et enfin la Verrerie de Sainte-Anne près Baccarat, fondée en 1764 par Mer de Montmorency-Laval et le sieur Renault d’Ubexy,etquiest le berceau de notre glorieuse cristallerie.

Je ne pousserai pas plus loin l’histoire de nos anciennes usines : aucune d’elles n’a disparu, certaines ont fusionné, et vous avez sous les yeux, Messieurs, le spectacle de ce qu'elles sont devenues.

Depuis le roi Stanislas, qui ne semble pas s’être intéressé à leur travail et la Révolution qui a supprimé leurs privilèges, elles se sont développées par leurs propres moyens, quelque gêne qu’elles éprouvassent de leur situation géographique. Elles ont pu supporter la cherté des matières premières grâce à la qualité et à la parure artistique toujours plus ingénieuse, toujours renouvelée de leurs prouits. Ceux-ci se prêtent maintenant à tous les usages depuis le grand luxe, la lustrerie taillée, les vases décoratifs, les services de table, les objets de toilette, jusqu'aux verreries moulées populaires à bon marché. L'usine comprend, outre la halle où se souffle le verre, des ate-

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