‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 9 sur 115 · XII SÉANCE PUBLIQUE DU 148 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XII SÉANCE PUBLIQUE DU 148 DÉCEMBRE

personnes et que « pour être libre, il ne faut point être riche ». Un autre jour, il demande la suppression de tout costume ecclésiastique parce que ce costume rappelle la Saint-Barthélem y.

Son beau moment est le siège de Mayence pendant l'été de 1793. En effet, cet enfant de l’extrême frontière est homme d’action plutôt que de tribune et il devient là le plus parfait exemplaire du représentant aux armées. Dès le début, il se signale par sa vaillance, plutôt d’ailleurs comme soldat que comme chef, car il a la sagesse, qui manquera à d’autres, de ne pas s'immiscer dans le commandement. Il marche au premier rang des colonnes de sortie, il sabre, il pointe et tire le canon et si bien que les ennemis le surnomment Feuerteuffel, diable de feu.

Pour écrire sa biographie, qui tourne parfois un peu au panégyrique, M. Roger Merlin s’est servi d’abord de ses papiers conservés à la Bibliothèque nationale. Il a exploré les Archives nationales, celles de la Guerre et des Affaires étrangères, enfin divers dépôts d’archives départementales. Ses recherches nous paraissent avoir été consciencieuses, sauf qu'il élimine bien aisément les archives de la Moselle en affirmant qu’elles ont été totalement dévorées en 1803 par l'incendie de la préfecture. En réalité, il reste dans ces archives assez de documents de la Révolution pour que l’état très sommaire, qui en a été publié en 1910, forme une brochure de trente-trois pages. Il n’a pas négligé non plus les ouvrages imprimés, et en particuhier les procès-verbaux des assemblées dont Merlin fut membre.

Tout livre d'histoire doit être à la fois une œuvre de science et une œuvre d’art. Si la science — autrement dit l'information — ne manque pas à la biographie du conventionnel, nous avons le regret de constater que l’art en est à peu près absent. M. Roger Merlin a su réunir des documents, mais il ne les domine pas, il est dominé par eux, submergé même, au point de ne pas se décider à choisir entre des versions différentes. Constamment il reproduit les textes tout au long, sans conclure, ce qui donne à son livre l’allure d’une compilation. Nous venons de parler du siège de Mayence. Son récit est formé en très grande

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