‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 99 sur 115 · SONNETS · texte numérisé non relu

SONNETS

Par M. Edmond RENARD

MEMBRE TITULAIRE

Sous les pommiers en fleur j’attends l'été divin, L'été lourd qui fera les roses frémissantes Et mêlera, le soir, dans l’ombre du jardin Les hauts lis orgueilleux aux pivoines ardentes.

Se couchant sur la terre et fécondant son sein, Il en arrachera les richesses vivantes;

C’est lui qui va gonfler sur les ceps le raisin

Et donner les épis aux moissons jaunissantes.

Ah! puisse-t-il aussi m'apporter la douceur De voir enfin mürir sous sa lente chaleur Dans mon verger secret des fruits sans amertume

Vous êtes la promesse où Je lis l’avenir, O fleurs de ce printemps dont le ciel se parfume, Et déjà mes deux mains se tendent pour cueillir...

IT

Dans l'ombre pâlissante un merle fait sa cour Au beau soleil lointain qui lentement s’avance Et, dans la nuit encore, il annonce le jour

De sa voix solitaire au cœur du long silence.

Ainsi l’âme qui souffre, espérant le retour De la joie infidèle, attend sans défaillance Que son chagrin lui laisse entrevoir le contour De ce bonheur nouveau dont elle a l’assurance.

Ainsi toujours notre œil est-il pour l'avenir. Ainsi toujours un chant est-il prêt à jaillir D'un pauvre cœur étreint et de lèvres pâlies

Nous savons, quand sur nous le ciel refait les soirs, Qu'un matin nous rendra la lumière enfuie….

Seule la mort tarit la source des espoirs.

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