XVI SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
aurait donc besoin d’être revu et complété. Il n’en constitue pas moins une œuvre consciencieuse, intéressante, méritoire, et c’est pourquoi, Messieurs, vous n’avez pas voulu le laisser dans l’ombre.
Le concours scientifique de la même fondation Dupeux vous a mis en présence d’une œuvre remarquable, ou plus exactement d’une série de travaux effectués par deux collaborateurs de notre Faculté des Sciences, M. Lienhardt, chef de travaux, et M. Remy, préparateur à cette faculté. De ces travaux vous avez pu apprécier tout le mérite grâce à la haute autorité de votre confrère, M. Cuénot, qui s’est chargé de vous les présenter,
Naguëre encore les naturalistes qui étudiaient la faune d’une région se contentaient de dresser des espèces trouvées une liste aussi consciencieuse et aussi complète que possible : telle la Faune de Lorraine, de Gobron, document précieux, véritable modèle du genre, auquel on n’a point cessé de se reporter. Mais on peut concevoir autre chose et mieux que ces nomenclatures sèches et incontrôlables.
Qu’on prenne telle espèce donnée, vivant dans notre région, on pourra essayer de reconstituer son histoire biologique, en délimitant sa distribution géographique dans les temps passés, et surtout à l’époque quaternaire qui a si profondément modifié notre faune et notre flore; en étudiant son extension à l’époque actuelle, et ses modes de dissémination; en définissant le milieu exact auquel elle est adaptée; en décrivant enfin les particularités de ses mœurs, de son développement. On arrivera ainsi à une connaissance vraiment intéressante de l’espèce choisie.
C’est dans cette forme que sont conçus les travaux présentés à l’Académie par MM. Lienhardt et Remy : ils constituent la biographie d’un certain nombre d’animaux, inférieurs, offrant un intérêt particulier pour notre région.
Les observations de M. Remy ont porté sur un parasite intestinal (grégarine) d’un crustacé qui habite le bord des mares salées et provient sans doute de la faune marine subterrestre. Le crustacé, en émigrant le Jong des voies fluviales, a emporté son parasite, qui est