‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 11 sur 116 · RAPPRORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XVII · texte numérisé non relu

RAPPRORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XVII

allié à ceux des animaux restés marins. Il est très vraisemblable que le parasite a infecté des formes terrestres vivant dans les mêmes stations.

De M. Remy il convient de citer aussi une faune très bien faite des orthoptères des Vosges méridionales, une étude sur un acarien, parasite des pigeons, qui a la curieuse propriété de supporter un jeûne complet ct extraordinairement prolongé, — six ans dans le cas étudié; — une note sur une lamproie albinos du ruisseau de Belle-Fontaine; enfin, et d’une façon toute spéciale, un travail sur un petit mollusque aquatique, le Lithoglyphe. Parti des rives du Danube et du Dnieper, le Lithoglyphe est, depuis un demi-siècle, en voie de migration vers l’Europe occidentale. Il est arrivé il y a trois ou quatre ans dans le canal de la Marne au Rhin, transporté sans doute sur des coques de bateaux, et 1l est probable qu’il est appelé à se répandre dans l’ouest et le nord de la France. Tel le cas, aujourd’hui classique, de la Dreissensie polymorphe, qui partie du Volga au Xviie siècle, est arrivée dans ce même canal de la Marne au Rhin vers 1854, et se trouve maintenant jusque dans le Midi de la France.

De son côté, M. Lienhardt, au cours de ses recherches, a fait d’heureuses trouvailles : il s’est surtout attaché à ces insectes qui, abondants dans le Midi de la France et paraissant caractéristiques des climats chauds, se rencontrent cependant en Lorraine, mais toujours rares et cantonnés dans des stations ensoleillées et sèches (Mante religieuse des plateaux des environs de Nancy, Ephippiger des vignes, Criquet à ailes bleues des plages de la Moselle, etc.). Ce sont là probablement des reliques d’une période dite xérothermique, qui a succédé aux refroidissements glaciaires, et dont le climat était sensiblement plus chaud que notre climat actuel. Depuis ces temps lointains, ces espèces se maintiennent çà et là dans quelques stations privilégiées.

Inversement, le pays lorrain renferme aussi des reliques de la rude période glaciaire, maïs localisées cette fois dans les vallons froids ou les sources froides de la forêt de Haye. Aujourd’hui, leur vraie patrie est confinée

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