XX SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
à nous faire entendre cette prétentieuse et cynique parole : « L’histoire de la guerre! Nous l’écrirons nous- « mêmes! Nous l’écrirons seuls! Et on nous croira ! »
« Nos ennemis avaient à agir ainsi un intérêt capital. Après avoir, au mépris des traités, violé le territoire belge, ils ont foulé aux pieds le droit des gens et les lois de la guerre, pillant, saccageant et incendiant les demeures des paisibles habitants, massacrant les populations civiles innocentes, sans distinction d’âge, ni de sexe. Ils se sont attachés, avec une férocité inouie, à ruiner, à faire souffrir, à martyriser la Belgique. Ils ont accompli leur œuvre avec préméditation, d’après un plan froidement élaboré, en conformité des instructions émanées des écrivains militaires allemands les plus autorisés.
« Le jour vint où ils durent se préoccuper de sauvegarder leur honneur national et de se justifier aux yeux des nations civilisées. [Ils tentèrent d’abord de faire le silence sur leur conduite barbare : on se rappelle le retentissant télégramme du Kaiser à M. Wilson et l’orgueilleuse proclamation des quatre-vingt-treize savants niant a priori les atrocités. |
« Mais les faits étaient indéniables. Pour se disculper, ils n’eurent alors d’autre ressource que le mensonge et la calomnie. « Les civils ont tiré sur nous! » tel est le refrain bien connu. Cette légende des francs-tireurs, la presse allemande s’appliqua à la propager, à l’accréditer, au point qu’elle a pénétré, de façon indéracinable, paraît-il, dans toutes les couches de la population de ce pays. Livres et publications, revues et périodiques, discours et rapports militaires, innombrables articles de Journaux de toute nuance, tout fut mis en œuvre avec insistance et opiniâtreté par le gouvernement de Berhn, afin de justifier ses monstrueux procédés de guerre et de transformer les victimes en coupables dignes du châtiment.
« C’est ce but que tenta surtout d’atteindre le Livre Blanc relatif à la soi-disant guerre « populaire belge « contraire au droit des gens ». Cette publication, datée du 10 maï 1915. souleva au plus haut point l’indignation