XXII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
troublée par la vision terrifiante des événements qu’il importait de reconstituer! Il est vrai que dans leur enquête les auteurs ont été largement secondés par le concours actif et intelligent du clergé local. « C’est à eux (aux membres du clergé), déclarent-ils, que nous nous sommes principalement adressés, car ils ont particulièrement souffert de la barbarie allemande, et ils ont été partout mêlés aux scènes sauvages de l'invasion. Grâce à leur concours, nous avons pu choisir nos témoins, et entendre ceux-là seuls que recommandaient leur situation, leur caractère et leur valeur intellectuelle. »
Ayant opéré chacun de leur côté avec une égale persévérance, et on peut dire avec un égal courage, les deux enquêteurs se trouvaient, à l’heure de l’armistice, en présence d’une documentation double, qui leur permettait de contrôler les témoignages séparément recueillis, et qui, réunie et combinée, donnait un ensemble complet. Le résultat de leurs travaux a pris corps dans une publication méthodique dont les huit volumes ont paru successivement au cours des années 1922 à 1925.
Il s’agit, on le voit, d’une publication qui, par son importance et sa composition, se place au premier rang des documents relatifs à l’histoire de la guerre. Mais il faut reconnaitre qu’une œuvre de documentation aussi considérab'e ne peut avoir la large diffusion qui en ferait une œuvre de propagande : une sélection judicieuse permettrait sans doute de la résumer en un seul volume qui, s adressant à la grande masse des lecteurs, entretiendrait en eux, avec le souvenir des souffrances endurées, des calamités injustement subies, la crainte salutaire de l’envahisseur. C’est là une initiative patriotique que nous souhaitons de voir réalisée dans un avenir prochain.
Ces volumes contiennent en tout 902 rapports, fort intelligemment choisis parmi toutes les dépositions recueillies, et 1.020 clichés de cartes, de vues des dévastations, de proclamations affichées, soit par l’ennemi, soit par les autorités locales, de fac-similés de permis ou de sauf-conduits, enfin et surtout de photographies des malheureuses victimes des massacres.
En parcourant ces volumes, on ne sait ce qu’il faut le