‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 17 sur 116 · RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XXII · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XXII

plus admirer de la puissance de travail des auteurs, de leur sincérité, ou de l’art avec lequel ils ont su animer et vivifier une œuvre qui s’annonçait sous la forme inerte de la simple documentation historique.

La recherche de témoins autorisés, leur interrogatoire poussé jusque dans les moindres détails, la critique des faits allégués, la rédaction des rapports et leur classement méthodique, appuyant un récit sobre et bien ordonné, dont les éléments sont puisés aux meilleures sources, tout cela représente, c’est bien le cas de le dire, un vrai travail de bénédictin.

Ce travail ne frappe pas seulement par son étendue et sa précision, mais encore par son calme et son impartialité. On sent chez les auteurs la conscience sereine des exigences de l’œuvre à laquelle ils se sont voués, œuvre d’histoire et non de polémique. C’est la vérité seule qui se produit, c’est le document seul qui parle, mais avec quelle impitoyable gravité, avec quelle éloquence vengeresse ! C’est l’une des surprises que réserve la lecture de cette enquête : la haine ne s’y donne pas libre cours, nulle part elle n’y apparait; le sentiment qui se dégage de toutes ces dispositions, c’est plutôt l’étonnement, la stupeur d’avoir subi de telles tortures, de les avoir subies sans que rien fût survenu qui ait pu lsattirer et les justifier de la part d’un peuple qui prétend se placer par sa culture au premier rang des peuples civilisés. | |

Non moins remarquable est la méthode qui a présidé à la rédaction de l’ouvrage. Les auteurs ont bien circonscrit le champ de leurs investigations, en le limitant pour la durée au mois d'août 1914, et principalement à la grande et terrible semaine du 19 au 26 août, et pour l’espace aux provinces de Luxembourg et de Namur. [ls ont divisé leur travail en sept parties, ou plutôt ils ont réparti leur enquête en sept secteurs judicieusement délimités. Enfin, bien qu’ils aient entrepris, non pas d’écrire l’histoire de l'invasion, mais de la documenter, is ont su encadrer leur documentation dans un aperçu général, dans un exposé des événements militaires, dans un récit qui se poursuit en tête de chaque chapitre,

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