‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 21 sur 116 · RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XXVII · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES ET SCIENTIFIQUES XXVII

qui s’impose, bien que de prime abord elle défie toute vraisemblance. « De. notre exposé, disent les auteurs, se déduit une constatation bien faite pour étonner et qui, à notre avis, a été insuffisamment mise en relief : c’est que les troupes allemandes ne reconnaissaient pas à nos armées le droit de légitime défense. Le fait pour un soldat belge ou français d’avoir tiré sur elles était un acte criminel, châtié aussitôt par le meurtre des civils et la destruction des villages. Que de fois les habitants, les otages surtout, ont entendu retentir à leurs oreilles ces étranges paroles : « Si les Belges ou les Français tirent encore sur nous, vous serez tous fusillés! » À Wartet, les Allemands firent agenouiller sur le sol, comme des coupables, les soldats belges qui avaient osé faire usage de leurs fusils! L’attitude des officiers et des soldats du Kaiser le témoigne clairement : dans leur fol orgueil, ils avaient le sentiment d’aller, en vertu d’une mission supérieure, à la conquête du monde auquel ils avaient la prétention d’étendre leur culture, et nul n'était en droit de se mettre en travers de leur chemin. Au surplus plus la guerre serait violente, terrible, plus elle serait courte : voilà la mentalité allemande!

Sans doute, hormis les villes de quelque importance où elle avait reçu quelque organisation, la garde civique n'existait que sur le papier : elle n’avait n1 cadres, n1 uniformes, ni armes, ni munitions; mais elle pouvait cependant servir à grouper en certains endroits les hommes valides, et à les former en bandes de partisans. L’éventualité était bien incertaine, mais la seule possibilité suffit pour faire inventer cette légende des francstireurs qui servit de prétexte à tant de crimes!

Le clergé pouvait prendre l'initiative de la résistance Autre éventualité qui rentra dans les prévisions des chefs de l’armée allemande : ce fut le clergé qui partout fut particulièrement visé, et c’est contre lui que la soldatesque fut le plus vivement prévenue et excitée.

Le carnage devait épouvanter les habitants, les faire refluer en grande masse vers l’armée française, et par leur masse même gêner celle-ci dans ses mouvements, tandis que d’autre part des civils placés sur le front des troupes

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