‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 22 sur 116 · XXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE

* allemandes garantiraient celles-ci dans leur marche et que les populations elles-mêmes répondraient de tout échec, voire même de toute résistance. Des rencontres relatées dans ces pages, il n’en est pas une qui n’ait donné

heu à des massacres d’habitants sur les lieux mêmes

du combat.

Déjà en traversant le Luxembourg, les officiers faisalent entrevoir ce qui allait se passer sur le sol belge : « Dès que nous aurons passé la frontière, déclaraient-ils, nous agirons avec la plus grande rigueur contre les populations ennemies. » Ce n’est pas l’un des moindres mérites des auteurs de cet ouvrage d’avoir établi péremptoirement cette préméditation en étendant leur enquête jusque dans le grand-duché. Il faudrait à ce sujet citer encore plusieurs rapports, et notamment celui de M. Émile Prüm, bourgmestre de Clervaux (Luxembourg).

J’ai pu constater en ces circonstances, dit-il, comment les troupes étaient excitées contre les populations. Un jour un officier supérieur harangua l’assistance dans les termes suivants qui à l’heure actuelle résonnent encore à mes oreilles : « Quatre uhlans ont été empaquetés dans des bottes de paille, enfermés dans une grange à laquelle on a mis le feu, tous quatres ont été brülés vifs. Jurez de venger vos camarades si horriblement martyrisés! Répétez cela à vos hommes. » « Quand le fait s’est-il passé, demandai-je? » « Je ne sais, répondit-il; en Belgique ou en France, quelque part sans doute. » — Je manifestai mon étonnement de le voir sur des renseignements aussi peu précis et si peu vraisemblables exciter des soldats dont la nervosité, voire même la rage, était déjà visible : « Ah bah! fit-il, cette histoire m’a été téléphonée telle, avec ordre d’en donner connaissance : je ne fais qu’exécuter cet ordre et n’ai pas à m'inquiéter du reste. »

Des excitations semblables ont été entendues par le euré d'Oberpallen, par celui de Girsh.

Je me trouvais le long de la route, raconte ce dernier, attendant la fin du défilé, quand tout à coup à deux mètres de moi, j’entendis un officier crier à ses soldats : « Nous voilà en Belgique : ici on crève les yeux à nos officiers, et en Belgique tout vous sera permis. » J’en pouvais à peine croire mes oreilles ! Avais-je bien entendu? Oui, car à peine la com-

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