MESDAMES, MESSIEURS
Lorsque l’Académie de Stanislas a bien voulu me charger de son rapport annuel sur les prix de vertu, ce n’est pas sans inquiétude que j'ai accepté ce périlleux honneur; il est difficile de traiter comme il faut un tel sujet, aussi me suis-je d'abord en toute modestie jugé très indigne, moi dont les doubles croches du compositeur de musique sont les seuls titres à la bienveillance de mes confrères et alors que tant de ceux-ci, familiarisés (non pas avec la vertu, je veux croire que nous le sommes tous) mais avec ces questions sociales de charité ou de bienfaisance, eussent été plus justement choisis.
Puis, à la réflexion, à la lecture des enquêtes où se retracent tant d’humbles vies dévouées, j'ai songé à cette sorte d'harmonie qu’un philosophe, Victor Cousin, a cru voir entre le vrai, le beau et le bien, et j’ai pensé qu’aprés tout la distance n’était peut-être pas si grande entre les belles œuvres des maîtres illustres et les bonnes œuvres de tant de cœurs obscurs et aimants.
La gloire des premières, certes, est plus éclatante; mais les secondes ont pour elles, au cours des jours sans Fu les mérites éminents du sacrifice et de l'oubli
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Séne VI, t xx, 1926 C