RÉCEPTION DE M. LE MARÉCHAL LYAUTEY 1X
ment intérieur. L’éloge qui vous est dû, Monsieur le Maréchal, il n'appartient pas à cette réunion que vous avez désirée simple et sans apparat. Il sera prononcé, quand vous voudrez bien le permettre, au cours de la séance s0- Jennelle de votre réception. devant l'élite de la Lorraine assemblée au Salon carré de l’Hôtel de Ville. Là, dans le décor même, voulu par notre bienfaisant fondateur, le Roi Stanislas, puissiez-vous avoir, un jour, un panégyriste vraiment digne de vous et de votre œuvre, un orateur éloquent qui fasse résonner le gros buccin de l’Histoire, et non pas, comme en cet instant, le porteur, sans renom, d’une lyre fragile.
D'autre part, si nous tous, nous sommes désireux d’entendre parler de vous, il vous serait sans doute plus agréable d'entendre parler de notre Compagnie. Vous lui avez fait don, en 1922, de voslivres, de vos articles et de vos discours publiés jusqu’à cette date. Ces ouvrages, comme le constatait, dans la lettre de remerciement qu’il vous a adressée, notre cher Secrétaire perpétuel, « constituent une contribution importante pour l’histoire militaire de notre pays ».
L'Académie, ajoutait M. Charles Guyot : « est surtout infiniment touchée des sentiments exprimés à son égard et fière de la confraternité lorraine que vous voulez bien revendiquer ».
La lettre formulait ce que nous ressentions tous à ce moment, ce que nous éprouvons aujourd’hui même. Mais VOS premiers livres étaient loin de nous être inconnus. puisque nous en retrouvons l'examen et l’analvse dans le rapport, écrit par l’un des nôtres — hélas! disparu — M. Antoine de Metz-Noblat, sur la candidature de M. le colonel Lyautey, au titre d’associé correspondant.
Les autres membres de la Commission — le Règlement exige qu’ils soient trois — étaient M. Christian Pfister, aujourd’hui doyen de la Faculté des Lettres de Strasbourg, et M. Millot, ancien officier de marine, notre très distingué confrère.
Le rapport (cela vous intéressera sans doute, de le savoir), concluait ainsi : « À l'unanimité, votre Commission Vous propose, Messieurs, l'admission de M. le colonel
x SÉANCE PRIVÉE DU %# DÉCEMBRE 1925
Lyautey au titre d’associé correspondant et elle exprime l'espoir de recevoir de lui de nouvelles communications sur l’œuvre coloniale à laquelle il semble, avec le général Galliéni, vouer les Po belles années de son existence. » nie à
Le rapport se trompait sur ce Sainte cependant. Ce n'étaient pas quelques années de votre existence qu’allait occuper la pensée d’une plus grande France, c'était l’existence entière du Résident général du Maroc.
Pour réaliser, là-bas, ce que dictait votre claire volonté, il fallait des qualités qui ont fait, nous le savons, l'admiration de ceux qui sont venus, qui ont vu et qui se sont laissés vaincre … ou convaincre. Mais ces qualités, Messieurs — et cette constatation est de la plus haute . Importance pour notre Académie — se trouvaient toutes en germe dans les ouvrages dont vous rendait compte M. Antoine de Metz-Noblat. Le rôle social de l'officier? Un jeune capitaine-commandant en avait fait l'objet d’une étude très remarquée, publiée par la Revue des Deux Mondes. Votre tâche de pacificateur, d’organisateur, vous en donniez, si j’ose ainsi dire, un premier crayon à Madagascar. Ici, je cite textuellement le rapport sur cNOUS candidature. On le dirait écrit d’hier.
« Éclairé par ses études sociales, inspiré de ses sentiments élevés comme de la largeur de ses vues, M. Lyautey eut surtout à cœur de gagner la confiance de ces populations effarouchées: il y parvint, au prix d'efforts patients, souvent assalsonnés de balles et de fièvres. Colonnes expéditionnaires, palabres et installations de chefs de villages ou de tribus — souvent la réinstallation des anciens chefs péniblement retrouvés et rappelés lorsqu'ils n'avaient pas perdu la viel — alternèrent avec l'ouverture des routes et la création de postes. »
Il est des hommes qui, théoriciens admirables, n'obtiennent que de médiocres résultats dans la réalité, d’autres qui, énergiques, actifs, ne peuvent cependant que servir, sous la responsabilité de leurs supérieurs. Mais l'au- (eur du Rôle sorial de l'officier et du Rôle colonial de l’armée est un des rares Français qui aient mis d’accord leur pensée avec leurs actes. Voir l'officier, le sous-officier,