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valeur de certains des remèdes qu’il préconise; l’on a pu estimer parfois qu'il se montrait trop systématiquement opposé à des réglementations et à des travaux indispensables. Mais l’on ne peut qu’admirer la foi d’apôtre avec laquelle Félix Briot, pendant toute sa carrière, a prêché la confiance dans le bon sens des montagnards, se faisant le champion de la liberté : comme le disait M. le Secrétaire perpétuel dans une étude pénétrante consacrée au discours de réception de Félix Briot à l’Académie de Chambéry : « Si ce sont des illusions, elles sont du moins généreuses. »
Votre Compagnie, Messieurs, a procédé durant cette année à l'élection de cinq nouveaux membres: quatre ass0ciés-correspondants, MM. de Koschembahr Lyskowski, Lefèvre Pontalis, Errard, le lieutenant-colonel Renard: votre bienveillance s’est étendue à votre secrétaire annuel, que vous avez accueilli au nombre de vos membres titulaires.
M. de Koschembahr Lyskowski, membre de l’Académie de Cracovie, professeur de droit romain à l’Université de Varsovie, docteur honoris causa de l’Université de Nancy, ne doit point être considéré comme un étranger dans une compagnie établie par Stanislas Leszezinski, roi de Pologne; son nom sonore évoquera parmi vous le souvenir de votre illustre fondateur. M. de Koschembahr Lyskowski s’est distingué dans une science qui dépasse les frontières nationales, la science du droit romain. Nous n'énumérerons pas les nombreux articles et les importants travaux juridiques qui ont valu au savant professeur une réputation mondiale. Publiés d’abord en allemand, puis en polonais, mais accompagnés d’un résumé en français composé par l’auteur lui-même, ces travaux s'inspirent tous d’un même principe, le grand principe de l'Équité romaine. Vous avez été heureux de porter vos suffrages unanimes sur M. de Koschembahr Lyskowski; il sera parmi vous le digne successeur des Polonais célébres que votre Compagnie a comptés jadis parmi ses membres titulaires ou parmi ses associés-correspondunts, les Zaluski et les J ablonowski.
A SÉANCE PUBLIQUE DU 20 Mar 1926
Si le nom de M. de Koschembahr Lyskowski vous reppelle la grande époque du roi Stanislas, celui de M. Pierre Lefèvre Pontalis, ancien ministre plénipotentiaire à Vienne, évoque ici le souvenir de l’antique famille ducale de Lorraine. C’est en effet grâce aux démarches de M. Lefèvre Pontalis que les autorités de Vienne ont restitué aux Archives de Nancy les fonds de l’ancien duché de Lorraine conservés à Vienne par le gouvernement impérial d’Autriche-Hongrie. Mais M. Lefèvre Pontalis avait d’autres titres à faire valoir auprès de votre Compagnie que des titres de reconnaissance. Il a exploré l’Indo-Chine française et le Siam avec Auguste Pavie, e) il a rapporté de cette mission d’une quinzaine d'années. au prix de nombreuses fatigues et même au péril de sa vie — M. Leïèvre Pontalis perdit une partie de son bagage dans les rapides du Mé-Kong — quantité de précieux documents qu’il a publiés dans le tome V de la Relation de la mission Auguste Pavie Vous avez été heureux de vous adjoindre ce diplomate habile, qui a représenté la France avec honneur dans tant de circonstances, et souvent dans des circonstances difficiles, et qui a acquis par là tant de droits à la gratitude de la Lorraine et à celle de la France.
M. Lefèvre Pontalis a déployé ses talents dans le onde entier : c’est dans un cercle restreint, au contraire, que M. Paul Errard, instituteur à Thonne la-Long, président de la Société des naturalistes et des archéologues du nord de la Meuse, a exercé son activité. M. Paul Errard est. depuis longtemps déjà, lauréat de l’Académie de Stanislas: il a consacré au village de Délut une savantemonographie, qui malheureusement est restée inédite. Depuis 1918, M. Paul Errard s’est attaché à faire revivre au milieu des ruines la société qu'il préside. Au lendemain de la guerre, la situation, en pays envahi, était navrante; la bibliathèque avait été détruite par l'incendie; les membres étaient morts ou dispersés. M. Paul Errard se mit à l’œuvre courageusement. Vous avez reçu le nouveau bulletin tiimestriel de la Société, et vous n’avez pas constaté sans quelque admiration que ce bulletin était tout entier de la main de M. Errard, qui s’astreignait à le
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polycopier, malgré la fatigue croissante de sa vue. Mais la Société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse est maintenant sauvée; chaque année de nouveaux mersbres s'inscrivent; le Bulletin, imprimé à Longu yon, s’accroît progressivement. M. Paul Errard a su maintenir dans cette région de Montmédy, éloignée à la fois de Sedan, de Verdun, de Metz et de Nancy, un goupe actif de travailleurs courageux et, en quelque srte, un foyer de civilisation.
Dans la liste de vos nouveaux membres, la: science est représentée par M. le lieutenant-colonel Paul Renard, professeur à l’École supérieure d’aéronautique, président de la Société française de navigation aérienne, un Vosgen, originaire de Lamarche-en-Bassigny. Le nom des deux frères Renard, Charles et Paul, est indissolublement lié à l’histoire si attachante de la naissance et des progrès de l'aviation et de la ‘locomotion aérienne. Vous n'avez point oublié le voyage sensationnel du dirigeable France, le premier dirigesble qui revint à son point de dépert par ses propres moyens. Mais le lieutenant-colonel Renard n’a pas été seulement pour son frère le collaborateur le plus précieux et le plus fidèle; il a consacré son activité propre à faire connaitre, par des cours, des conférences, des publications de toute espèce, la science neuve de l'aéronautique. Vous êtes heureux d'accueillir parmi vous un représentant de cette discipline nouvelle, aux progrès de laquelle la France a eu tant de pert, en Ia personne du lieutenant-colonel Paul Renard, à qui l’Académie des Sciences a décerné la grande médaille d’or de l'aéronautique.
me reste enfin, Messieurs, et j’ensuistout confus, à vous parler de moi-même. Si votre Compagnie a bien voulu m'admettre, tout d’abord à titre d’associé-correspondant, puis au titre de membre titulaire, je le dois bien davenlage, certes, aux études auxquelles j'ai dévoué mon activité qu’à mon mérite propre. Votre Compagnie en effet s'est toujours vivement intéressée à ces langues locales qu'on croit insulter en les traitant de patois : vous avez accueilli dans vos Mémoires le travail de Clesse sur Île patois de Fillières; vous publiez cette année le Diction-
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naire du patois des environs de Bruyères, de M. Lemasson. Mais surtout vous avez entrepris, en 1874, à une époque où il y avait quelque originalité et quelque mérite à s'occuper des patois, une Enquête sur les parlers du Nord- Est. Un volume d'Adam sur les Patois lorrains, publié sous votre nom, a utilisé en partie les riches matériaux qui ont été alors réunis; mais ce sont surtout les six gros manuscrits, bien connus des patoisants, où sont conservés les résultats de cette enquête, qui resteront comme un document précieux pour le dialectologue, comme un témoignage impérissable de votre activité dans le domaine de la linguistique. J'ai moi-même, dans mes premiers travaux, étudié les patois du nord de la région lorraine et j'ai continué depuis à m'occuper spécialement des parlers de la région de l’Est de la France. Je vous remercie d’avoir bien voulu reporter sur moi une partie de l'intérêt que vous avez toujours accordé au vénérable dialecte de l'antique Lotharingie.
C’est avec une légitime fierté que je vous rappellerai ici, Messieurs, les distinctions dont les membres de votre Compagnie ont été l’objet pendant cette année.
M. le professeur Pierre Parisot a été nommé membre correspondant de l’Académie de Médecine. Vous vous réjouirez que l’Académie parisienne ait distingué notre confrère; ce titre envié était bien dû à sa science profonde comme à son inépuisable dévouement. |
M. Robert Parisot a obtenu, pour l’ensemble de ses travaux d'histoire, le grand prix Gobert. Ses collègues et ses confrères lui ont témoigné toute leur Joie de cet honneur, digne récompense d’une vie entière de probité intellectuelle et de labeur acharné.
M. Antonin Daum a reçu la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Vous avez admiré à l’exposition des Arts décoratifs l'effort considérable qu’a fourni M. Daum pour la décoration du pavillon de Nancy et vous applaudirez tous à cette distinction bien méritée.
Ce sera pour vous un plaisir, Messieurs, de jeter un coup d'œil sur l’ensemble de vos travaux académiques.