‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 46 sur 116 · COMPTE RENDU DE L'EXERCICE 1925-1926 LV · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU DE L'EXERCICE 1925-1926 LV

Vous me pardonnerez de ne point insister sur les prix de vertu et sur les prix littéraires dont vous êtes les dispensateurs : votre séance solennelle de décembre leur sera entièrement consacrée. Mais je vous rappellerai, dans une énumération, hélas! trop rapide, les lectures que vous avez entendues.

M. Pierre Bretagne vous a fait sur le Lied romantique une communication d’une poésie charmante. Vous avez regretté, avec lui, que les traditions de l’Académie ne permissent pas d'y joindre les auditions musicales qui en eussent été l’illustration naturelle.

M. l’abbé Renard a lu une suite de sonnets intitulés La Montagne au Soleil. 1] y chante, en vers imagés et s0nores, les charmes de la montagne, la vie rustique des montagnards; et l’admiration des beautés de la nature aboutit naturellement à un hymne de foi et d'amour pour son Créateur.

Dans un genre plus sévère, M. Duvernoy a étudié une vieille famille d’imprimeurs lorrains à laquelle il se trouve allié, les Hôhner ; il a fourni sur les divers membres de cette famille, qui joua à Nancy, au xvine et au xixe siècle, un rôle assez considérable, des renseignements du plus haut intérêt.

M. le Secrétaire perpétuel a exposé le détail d’un remembrement qui fut exécuté à Neuviller au xvrrie siècle, à l’occasion de la construction du château de M. de La Galaizière. C’est un document précieux pour l’histoire de la propriété rurale sous l’ancien régime.

M. Hippolyte Roy a longuement étudié, dans un style fleuri dont il possède le secret, la sympathique et pittoresque figure du Dr Cuny, explorateur du Darfour. Aux souvenirs du courageux Lorrain, M. Roy a ajcuté de Copieux détails sur la flore, la faune et les mœurs de ces pays lointains.

M. Estève, dans une séance à laquelle M. le maréchal Lyautey vous a fait l'honneur d'assister, a résumé d’une manière très vivante ses impressions sur la vie universitaire en Amérique.

M. le chanoine Martin a retracé l’édifiante vie de la bienheureuse Marguerite de Lorraine, duchesse d'Alençon.

LVI SÉANCE PUBLIQUE DU 20 Mat 1926.

Il a suivi pas à pas la bonne duchesse dans sa province d’adoption, il vous a montré les vertus de cette âme d'élite. dont la vie serait digne de figurer dans la Légende Dorée. Une broderie conservée au monastère des Clarisses d'Alençon est considérée comme l’œuvre de la bienheureuse. M. des Robert a prouvé, par l'étude des armoiries qui y figurent, que cette broderie est postérieure de vingt ans au moins au décès de Marguerite d'Alençon. H a passé en revue, à ce sujet, les variations subies au xve et au xvi® siècle par les armoiries de la maison ducale de Lorraine. Cette instructive lecture a montré combien la science du blason est précieuse pour dater les objets anciens.

M. Berlet, dans une lecture d'un haut patriotisme, a parlé des provinces françaises et de la protection du sol national : c’est le rôle de la Lorraine de servir à la France, en quelque sorte, de bastion naturel.

M. le Dr Imbeaux vous a dit une suite de poésies intitulée En relisant Lucrèce. À l'exemple de Sully-Prudhomme, M. le Dr Imbeaux s’est efforcé de créer une poésie scientifique et d’ajouter les ornements des Muses aux savantes découvertes de la pensée contemporaine.

C’est une curieuse page d'histoire que M. l’abbé Renard a fait revivre, d’après les documents d’archives. A la mort de l’abbé Grégoire, un grave incident surgit entre le Saint-Siège et le gouvernement de Louis-Philippe. par suite de l'attitude intransigeante prise par l’archevêque de Paris. Il fallut toute l’habileté de notre ambassideur à Rome, aidé d’ailleurs par la bonne volonté réciproque des deux parties, pour assoupir cette fâcheuse affaire, qui eût pu devenir un grave conflit.

Vous regretterez sans doute, Messieurs, de ne pouvoir relire dans votre volume de Mémoires qu’une partie seulement de ces intéressantes communications. Vous aurez toutefois cette consolation d’offrir au public, cette année, un volume plus important que le précédent et vraiment digne de vous et de votre activité intellectuelle, grâce au Dictionnaire du patois des environs de Bruyères de M. Lemasson, que vous imprimez avec l'aide

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d’une subvention de M. le Ministre de l’Instruction publique. Il est aussi de bon augure que vous puissiez espérer, dès l’année prochaine, la publication à peu près intégrale de tous les mémoires qui vous seront présentés.

Vous n'aurez point à craindre que la vie chère, plus cruelle encore pour les sociétés savantes que pour les savants eux-mêmes, vienne interrompre, à sa cent soixante-seizième année, l’importante collection de vos Mémoires. Ceux-ci sont pour la ville de Nancy, dont ils portent le nom partout en France et dans le monde enter, une source d'honneur — et une source de profits: ne font-ils pas entrer chaque année, par voie d'échange, dans la bibliothèque publique de Nancy près de quatre cents ouvrages français et étrangers, dont la valeur atteint presque 10.000 francs? Vous ferez appel, s’il est nécessaire, à une municipalité qui a toujours été soucieuse à la fois des intérêts matériels et des intérêts intellectuels de la capitale de la Lorraine, et à laquelle nous nous faisons un plaisir d'adresser nos remerciements, pour une bienveillance qui ne s’est jamais démentie, en ce jour où nous sommes ses hôtes, par la volonté de natre fondateur, le roi Stanislas. |

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