‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 52 sur 116 · ERREURS JUDICIAIRES ET MÉDECINS EXPERTS LXV · texte numérisé non relu

ERREURS JUDICIAIRES ET MÉDECINS EXPERTS LXV

autre qu’un chien, un vieux chien jaune-brun, ajouterai-je, d’après l’étude microscopique de quelques poils trouvés dans une anfractuosité osseuse.

Ainsi, grâce à l’expertise médicale, l'enquête de la

gendarmerie prend fin, une famille innocente n’est plus :

victime de suspicion et, pour les amateurs d'émotions fortes, l’espoir d’un beau crime s’évanouit.

Dans cette affaire, vous avez pu voir comment naissent, prennent corps, se propagent les accusations les plus graves reposant sur des preuves bien fragiles; l’oisif, beau parleur, se plait à faire des hypothèses macabres qui rapidement se transforment en certitude; « il ne lui faut, dirai-je avec Montaigne, ni matière, ni base : laissez le courre, il bastit aussi bien sur le vuide que sur Je plain ».

La foule, poussée souvent par un sentiment louable de justice, prise d'horreur pour le crime qui a été commis, veut un châtiment ; mais pour cela il lui faut un coupable. De simples apparences, quelques racontars tendancieux lui suffisent à échafauder toute une accusation. Si la presse, qui représente une des forces les plus puissantes de notre société moderne, prête généreusement et utilement son appui à l’innocent condamné, elle se fait parfois la propagatrice écoutée d’une inculpation hâtive, basée sur des preuves insuffisantes.

Quand par malheur les passions politiques ou religieuses sont mises en éveil, la haine se fait jour et la persécution est proche.

Dans cette atmosphère malsaine, juge et expert, redoutons de subir la contagion et faisons effort pour échapper à la contamination.

Lisons les journaux, mais gardons-nous de nous laisser suggestionner par cette séductrice passionnée et passionnante qu'est la presse; en un mot, évitons la prévention, « ce crime des honnêtes gens », comme l’appelait Lachaud.

Quelques mots sur les empoisonnements vont maintenant nous laisser entrevoir les erreurs judiciaires auxquelles ils ont donné naissance.

Que vous dirai-je de l’intoxication par l’oxyde de car-

sun, Core es nes

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