DISCOURS DE RÉCEPTION
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Indulgents à mes travaux historiques, comme à mes efforts littéraires, vous me fites, Messieurs, le très grand honneur, dont je sais tout le prix, de bien vouloir accueillir dans votre vieille et docte Compagnie un nourrisson allaité par les Muses, avec un chroniqueur, restituant émerveillé la cour de nos ducs en sa splendeur, voire, non sans irrévérence, en son ineffable réalisme : témoignage authentique, emprunté aux artisans, aux fournisseurs, à la concierge elle-même du château, Marie Collonnet. Vous avez daigné parfois sourire — et je pris rang, intimidé, parmi votre illustre phalange.
Mais à un beau geste, ouvrant la plus simple et la plus large bienvenue, un discours, fût-il bref, fût-il châtié, double forme de la politesse chez un écrivain conscient de son auditoire, constitue une ingrate réponse, dont, je le crains, vous serez bientôt excédés.
De quoi vous entretenir, Messieurs, sinon de ce Palais ducal, où vécurent de dignes princes, dont je me suis