RÉPONSE DU PRÉSIDENT AUX RÉCIPIENDAIRES LXXXIX
C'est ce seul titre de la confraternité, don d’une munificence royale, qui m’enhardit à prendre la parole après d'aussi doctes discours. :
MoNSIEUR,
Le soin dont les fonctions présidentielles me chargent aujourd'hui, ce soin de vous répondre, n’est pas sens me jeter dans la confusion et l’embarras. Il me semble que les circonstances aient pris plaisir à embrouiller les choses. Car enfin, n'est-ce pas vous-même qui devriez être à ma place sur cette estrade? Tout au plus, me serait-il permis, à moi, d'occuper la vôtre?
Mais le fait que vous prononcez, seulement cette année, votre discours de réception, montre bien quelle vie absorbante est celle de l’homme de science et de dévouement que nous avons élu membre titulaire en 1912. À quels multiples travaux vous l’avez vouée de bonne heure, quels furent ces travaux, je ne puis, après lant de personnalités dont je n’ai pas la compétence, en informer, par le menu, l’Académie.
Aussi bien, cette dernière s’unit-elle à l'hommage qui vous fut rendu publiquement, en 1913, lorsque vous reçûtes la croix de la Légion d'honneur. Des lettres de votre recteur et de votre doyen, absents de Nancy à cette date du 7 juin, des discours de vos estimés collègues, de vos élèves, forment un ensemble harmonieux d’éloges que réunit une brochure, d’un prix, pour nous, inestimable,
L’excellence de votre enseignement, sa haute probité professionnelle recevaient, avec ce ruban rouge, une consécration approuvée de tous. D'autant que, sur ce champ de bataille du médecin légiste, vous veniez de hasarder votre vie, sérieusement menacée à la suite d’une autopsie dangereuse. Celle qui fut la compagne courageuse de votre existence ainsi exposée, était encore là pour s'«ssocier à votre triomphe.
Entre 1914 et 1918, vous donniez vos soins aux blessés
XC SÉANCE PUBLIQUE DU 20 Mai 1926
de la guerre dans les hôpitaux militarisés Marin et de l’ancien grand séminaire. Le 23 février 1921, sur la proposition du ministre de la Guerre, vous receviez la rosette d’officier de la Légion d’honneur.
En 1923 vous étiez élu membre titulaire de la Société de médecine légale de France, et, la même année, vous présidiez à Paris, de la façon la plus remarquable, le VITIe Congrès de médecine légale de langue française.
Un peu plus tard, le 7 février 1925, l’Académie de Médecine vous admettait au nombre de ses membres correspondants : distinction enviable entre toutes, et qui vous était accordée par 51 voix sur 68 votants! Si je prends plaisir à rappeler tout d’abord ce qui constitue — pour l’instant du moins — le couronnement de votre carrière, c’est que nous ressentons avec vivacité, Monsieur, l’honneur que vous nous faites, en prenant place dans nos rangs et bientôt à notre bureau. Les distinctions dont vous avez été l’objet, l’hommage qui vous a été rendu, cette haute estime dont on vous entoure, de tout cela rejaillit sur l’Académie, comme une sorte de reflet brillant, de lustre miroitant, dont, en votre personne, elle se pare.
Souffrez, à présent, que je retrace en ses grandes lignes, et la genèse de vos œuvres, et l’évolution qui vous fut particulière, depuis l'instant où vous présentiez avec succès, à Nancy, votre thèse de Doctorat en médecine : « Recherches sur le pouls dans le cours, la convalescence, la rechute de la fièvre typhoïde ». Cette thèse, vous en deviez, sans doute, l'inspiration à votre vénéré père, titulaire par deux fois des grandes médailles — argent et or — des épidémies.
Le Dr Victor Parisot qui joua jusqu’à sa mort, survenue en 1895, un grand rôle dans la vie de notre cité, avait été l’un des professeurs de l’École préparatoire de médecine de Nancy, lors de la réorganisation de 1842. C'était un esprit fort distingué, imprégné au Collège royal — cet ancêtre du Lycée Poincaré — du suc des poésies grecques et latines, et manifestant ce goût pour les spé culations philosophiques, particulièrement pour la morale, que nous retrouvons chez vous, quand vous nous