‹ Mémoires de l’Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 91 sur 116 · I. — LE TOUCHER · texte numérisé non relu

I. — LE TOUCHER

Articulée au bout du grand levier d’un bras,

Avec mes cinq doigts longs et tous mes ongles ras. Posant sur tous objets ma paume promeneuse,

Moi, la Main, droite ou gauche, attouchante ou preneuse, Je t’apprends, à Cerveau, par mon tact assidu

Ce qui se passe autour de notre individu.

Je suis telle qu’un poulpe emmi ses tentacules :

Aux papilles du derme en mille corpuscules, Jusqu'au bulbe allongeant leurs filaments ténus, S’épandent par bouquets mes cylindraxes nus (1).

Je sens des corps palpés la forme et la nature,

La dureté, le poids et la température,

Toutes impressions du monde extérieur.

Puis recevant de toi, Centre supérieur,

L'ordre des mouvements venu par voie inverse, J'exécute à plaisir ma besogne diverse :

Contractant tour à tour mes muscles assagis,

J'écris, je peins, je couds, je rabote, j’agis

De cent mille façons. Bref, le pain de tout homme C'est la Main qui le sème ou qui le gagne, en somme...

(1} On sait que dans les corpuscules du tact (ou de Meissner) les tubes nerveux afférents se terminent par les bouquets de cylindraxes nus, c'est-à-dire dépouillés de myéline.

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