‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 10 sur 114 · RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES XV · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES XV

buis, le saule cher à Musset et la rose symbole d’orgueil : il se contentera de violettes.

Quand je ne serai plus qu’une âme disparue,

Pour parer mon exil parmi les trépassés,

O gloire, te verrai-je à mes vœux accourue?

Si tu ne souris point à mes espoirs glacés,

A l'heure où la rosée, en pâles gouttelettes,

Pleure avec chaque étoile, au seuil froid des tombeaux, Qu'’une vierge dépose au moins des violettes.

Sur. mon front de réveur et mes désirs si beaux.

La seconde partie comprend neuf pièces sous le titre qu’eût aimé Frédéric Amiel : Paysages rêveurs. M. Pol Caput y célèbre les saisons de l’année et les heures du jour. Voici : « L'été vainqueur », « Paysage nocturne », « Soir d'automne », « À près l'orage ». Sur tous ces thèmes, rebattus comme l’écrivait votre rapporteur « depuis six mille ans qu'il y a des hommes et qui peignent », mais person nellement sentis, le poète, j'allais dire l’artiste, nous apporte des pièces d’une belle tenue et d’une originalité suffisante, essentielle qualité, lorsqu'il s’agit de ces paysages plus spirituels encore que colorés où le plagiat demeure menaçant. Peut-être pourrait-on reprocher à M. Pol Caput la sonorité légèrement monocorde de ces « paysages », rêveurs sans doute, mais mélancoliques davantage. L’adolescent lui-même s’en étonne.

Quand l’aube aux pieds d’argent se lève dans l’azur; Quand, chassé par le jour, fuit le hibou morose; Quand la rosée en pleurs, au jardin calme et pur, Pose un éclat de perle au front de chaque rose, Pourquoi donc, à mon cœur, Cette morne langueur?

C'est peut-être ici s’accorder d’un peu trop près au diapason romantique et le poète gagnerait sans doute à s’écouter moins. Des tâches plus viriles l’appellent qu’il est capable d’assumer, et ces impressions languides risqueraient à la longue de le faire sombrer dans un pessimisme incolore et monotone. Le « mal du siècle », qu’il ne l’oublie pas, n’est plus du nôtre, et nos propres affec-

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