‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 9 sur 114 · XIV ‘ SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XIV ‘ SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE

se faisant honneur de gagner sa vie dans un modeste emploi de l’Administration des Postes, il n’appartient point au groupe des poètes par genre ou par désœuvrement. Si la poésie n’est pas encore sa langue habituelle, l’aisance de ses rimes et souvent de 8es tournures, atteste qu’il possède mieux que la bonne volonté, si fréquente en cette matière, mais l’étincelle indéfinissable qui fait le poète. Votre rapporteur — que dis-je — votre com- ‘ mission toute entière, l’a sacré tel, et nous sommes heureux de lui confier ce diagnostic dont, j'imagine, il se se doutait bien un peu.

Ce recueil de cinquante trois poèmes est divisé en six parties. La première, et l’une des plus courtes, est intitulée L'âme du poète. L'auteur qui fait profession de reconnaissance envers les grands romantiques, a dédié l'un de ses poèmes à celui de ses maîtres qui les lui a le mieux fait aimer. C’est par une Ode aux chantres de la douleur qu'il prélude : :

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Nous avons trop chéri vos désespoirs si beaux,

Et l'amour, exilé de nos graves jeunesses,

Repose avec la gloire, au fond de vos tombeaux.

La nature a gardé vos divines tristesses,

Pour les pleurer tout bas, dans nos soirs de printemps. Et, redoutant déjà les destins de la France,

O maitres, nous portons la splendide souffrance

Qui fit votre génie et brise nos vingt ans.

En évoquant ces modèles : Musset, Lamartine, Hugo, dont le génie rend l’exemple inaccessible, le jeune poète qui se plaint déjà — et il n’a que vingt ans — d'être

Un passant douloureux qu’oublia le - bonheur,

souffre de son impuissance à chanter comme ils l’ont fait... C’est peut-être la plus romantique, d'inspiration et de facture, entre toutes les pièces de ce recueil, que celle où, pour le tombeau où il se voit couché, M. Caput rejette tour à tour l'ombre du cyprès, l’éternelle verdeur du

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