RAPPORT SUR LES PRIX LITTÉRAIRES XVII
plaisir — ce sonnet consacré au souvenir de l’aimée et intitulé : Blonde Étoile d'automne.
Un dimanche d'octobre apaisait la cité.
Nos yeux s'étaient unis dans sa langueur sereine Et nous rêvions encor, quand la nuit souveraine Étendit sur nos fronts son silence argenté.
J'’aimais votre air pensif, votre grave beauté Reflétant les pays où l’âme vous entraîne Votre Alsace au ciel froid, la sœur de ma Lorraine Et la Provence d’or, vibrante de clarté.
Le sort qui nous sépare, amie inconsolée, Ne me laisse de vous qu'une image voilée, Ne vous offre de moi que des vers douloureux.
Mais vous les redirez. ces chants de lassitude. Et vous luirez toujours dans mon cœur ténébreux, Blonde étoile d'automne, aux soirs de solitude.
Cette pièce n'est-elle pas d’une tonalité bien lorraine? N'évoquez-vous pas, en l’écoutant, notre promenade de la Pépinière par un soir brumeux d’octobre, la chute précoce de la nuit après la douce lumière d'automne, à l'heure où du sol humide s’élève une brume légère, tandis que le promeneur attardé presse le pas..? Plus tard, en l'avril des lilas fleuris, le poète devait revoir la femme qu'il aimait, mais le beau rêve exalté par le crépuscule n’a pas supporté la clarté du printemps.
Vous avez lu ces vers, simple aveu de mon âme, Où dans des mots vibrants l'espoir avait fleuri; Vous avez lu ces vers, Ô pitoyable femme,
Et vous avez souri!
Vous avez méprisé mon ardente souffrance,
Le regard dur et vague, avec des airs distants,
Vous avez méprisé, sans un mot d’espérante, Ma vie et le printemps.
C'était un soir d’avril, où la brume légère
Pose une écharpe bleue au front pur des forêts;
C'était un soir d’avril, aux parfums de mystère, Qui garde les secrets.
Sérix VI, t. xx1x, 1982 R