‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 13 sur 114 · XVII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

XVII SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE

M. Pol Caput en vain se jure d’oublier, la peine vibreen ses vers, en sanglots : nous n’attendions pas moins d'un cœur aussi généreux et convaincu. L’envie même le torture et la solitude l’exaspère. |

Vibrant au souvenir de mes tristes vingt ans

J’accompagne, en secret, d’un long regard d'envie,

Ceux qui vont, deux à deux, dans les soirs éclatants, S’enivrer de la vie.

Souhaitons, Messieurs, que ce sympathique jeune homme ne serve pas une seconde fois de jouet au sexe faible et qu'il trouve une compagne moins cruelle que Marie- Reine.

’ Le sortilège d’ailleurs s’est dissipé. Voici maintenant M. Pol Caput devant la vie : c'est le titre de sa quatrième partie. Félicitons-le de ce changement d’horizon, car tout en respectant sa douleur sincère, nous attendions de lui des poèmes moins subjectifs. Ceux qu’il dédie au souvenir de ses premières années, à la mémoire de ses maitres, à sa mère enfin, nous le montrent familier des hautes pensées, précocement mûri. Peut-être regretterions-nous pourtant l'odeur de cimetière qu’exhalent à la longue tant de pensées funèbres, si elle ne nous valait précisément une pieuse visite au cimetière, l’heure des chrysanthèmes, fidèle évocation de ces journées de Toussaint qui sont l'honneur de notre Lorraine, dévote à ses morts, fidèle au passé.

Le cinquième chapitre qui a pour titre Labeurs humains est le moins original et celui qui sent le plus l'effort d'école. Il comprend une suite de cinq sonnets plus une ode Au paysan de France où sont célébrées les nobles grandeurs du travail, le travail intellectuel incarné en la personne de Faust, puis le travail des champs :

Le sabot des chevaux défonce le sol gras, Guidé par la main ferme et les cris volontaires Du laboureur qui pointe alourdissant le pas, Le soc d’acier luisant au sein bruni des terres.

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