XXXIV SÉANCE PUBLIQUE DU 20 DÉCEMBRE
tence et poursuivent, sans bruit, une œuvre laborieuse et toujours renaissante.
J'exposerai brièvement les titres des personnes qui ont réuni vos suffrages, m'excusant d’esquisser, bien imparfaitement, ces vies de sacrifices et de rudes épreuves. Leur histoire à toutes est semblable, simple, obscure. On les voit peiner laborieusement jour après jour, année par année, vous demandant, toutefois, d'accorder un peu d'attention à chacune d’elles comme un surcroît de récompense, car 1l n’y a aucune proportion entre les sommes modiques que vous pouvez leur allouer et les admirables actes de piété filiale et de dévouement que je vais signaler.
L'Académie n’a pu disposer, cette année, que de treize prix, en ayant diminué le nombre pour en augmenter la valeur, et elle a dù, à son grand regret, ajourner quelques-uns des candidats qui lui avaient été proposés.
Mie Marie-Thérèse Jacquemin est née, à Arches, le 10 mars 1903. Sa mère, veuve depuis vingt-deux ans. vint se fixer à Nancy (1) dès 1918. Après la mort de son mari, employé comme chauffeur dans une usine des Vosges, elle éleva très convenablement ses deux enfants, mais bientôt sa santé s’altéra. Augusta, sa seconde fille, un peu plus jeune que sa sœur, était dactyvlographe, remarquée par sa bonne conduite et son assiduité au travail. Malheureusement, elle contracta, il y a quelques années, une péritonite, puis elle fut obligée d’aller se faire soigner au sanatorium de Saint-Martin-de-Ré. Cette séparation, bien cruelle pour les siens, est nécessaire, car les attentions incessantes dont on l’entoure, le doux et sain climat du pays qu’elle habite, contribuent à améliorer son état général; c’est ce que cette jeune fille ne trouverait pas dans un pauvre logis de la Ville-Vieille, où le soleil ne pénètre jamais. Le surmenage est la cause principale du mal qui l’a terrassée. Couturière, M'le Marie- Thérèse Jacquemin, avec ce que peut lui procurer son seul travail qui ne lui laisse, vous pensez bien, aucun
(1) 9, rue de Guise, Nancy.
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