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RAPPORT SUR LES PRIX DE VERTU XXXV

répit, assiste sa mère, âgée de soixante-cinq ans, la soigne avec un dévouement inlassable. Pieuse, d'humeur douce ét toujours égale, d’un moral élevé, elle se charge encore, quoique fatiguée et anémiée, des lourds travaux du ménage, pour les épargner à sa mère incapable d’un effort sérieux. Un prix Jules Gouy apportera un peu de relâche à ses soucis.

A Saffais (1), Mlle Marie Serurier, modèle de piété filiale, force l’admiration de tous en donnant ses soins empressés à son père paralytique depuis plus de huit années, subissant sans le moindre murmure, par esprit de foi, les accès de mauvaise humeur, les plaintes, les reproches injustifiés du malade. Bonne, humble, patiente, elle jouit d’une excellente réputation, non seulement dans le village où elle réside, meis également dans tous les environs. Cette excellente personne trouve encore le temps de s’occuper de la petite église dont elle pare de fleurs les autels, l’entretient, lave le linge; elle apprend des cantiques aux enfants, aussi les paroissiens entendentils de beaux offices. Mlle Serurier mérite un des prix fondés par M. Charles Bour, destinés à des jeunes filles catholiques pour les récompenser de leur bonne conduite et de leur dévouement à leurs parents.

Appartenant à une famille de dix enfants, dont deux fils ont été tués à la guerre et deux filles sont religieuses de la Doctrine Chrétienne, Mlle Émilie Berg (2) est née, à Nancy, le 9 août 1896. Elle n’a jamais quitté les siens, ni la filature Lang où elle travaille depuis l’âge de treize ans, son père y ayant été employé fort longtemps comme mécanicien. Ses frères et sœurs ont abandonné le foyer familial pour s'établir; restée seule, cette personne dévouée soigne d’abord sa mère, atteinte d’une grave maladie. Après la mort de cette dernière, elle reporte toutes ses délicates attentions sur son père, aujourd’hui âgé. Bientôt, elle voyait ses forces diminuer; malgré tout

(1) Saffais, canton de Saint-Nicolas (Meurthe-et-Moselle). (2) Place de Bonsecours, Nancy.

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