‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 50 sur 114 · LXII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI · texte numérisé non relu

LXII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI

À vrai dire, ce n’est pas l’essayiste d’une étude sur les provinces de France, ni le chroniqueur de la vie d’un village lorrain pendant la bataille du Grand Couronné que vous avez voulu honorer en l’accueillant dans vos rangs après la victoire, c’est l’un des représentants de cette génération d'écrivains et d'artistes qui se groupaïient, il y a vingt ans, dans leur Académie « Le Couarail », écrivains et artistes qu’animait un sentiment très vif des destinées de leur patrie lorraine et que la guerre a dispefsés. Et puisque ce que vous avez voulu recueillir, c’est un représentant du passé, dont il est toujours émouvant de ranimer les figures disparues avant que s’en effacent dans l’ombre tous les traits, permettez-moi, Messieurs, | de remonter dans ce passé et de ressusciter un des plus anciens souvenirs que j'y trouve.

Lorsque les jeunes bacheliers enthousiastes que nous étions en 1896 voulurent répandre leurs idées en lançant le Chardon à travers la Lorraine, ils cherchèrent à attirer sur lui quelques-uns des rayons des gloires littéraires de leur province; or, dans le moment où s’élaboraient leurs projets, il advint que notre compatriote Stanislas de Guaita, mage et poète, fit un séjour à Nancy, et je reçus la mission de solliciter son concours; mission redoutable, car celui qu’il s'agissait d'aborder, ce n’était pas seulement le poète de Rosa Mystica, mais l'historien de la Magie noire, et le grand maître de l’ordre cabalistique de la Rose + Croix.

Stanislas de Guaita habitait, sur la Carrière, un de ces vieux hôtels dont la porte cochère s’ouvrait alors devant les brillantes calèches qu’entrainaient, d’un pas vif, des chevaux souples et nerveux, dans un cliquetis joyeux d’aciers étincelants et de fers dont le choc faisait jailhir des pavés de rapides étincelles. Au second étage, un laquais figé dans une impassible correction accueillait le visiteur. Bien qu'il fit jour encore, les volets étaient clos et la douce clarté des bougies allumées à deux candélabres mettait des reflets de lumière aux ors des vieux meubles et à ceux des livres d’une haute bibliothèque, | tout en laissant dans les coins des pans d'ombre mystérieuse.

se te moe n = eneanes

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