‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 54 sur 114 · LXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI · texte numérisé non relu

LXVIII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI

— Je viens simplement vous dire : Votre orguail Espère triompher du vieux sphinx indomptable..…. En vain : vous ne saurez l’Inconnu redoutable que si vous surgissez, comme moi du cercueil.

Allumez vos fourneaux! Remplissez vos cornues! Au fond de vos creusets jamais vous ne verrez Jaillir le dernier mot des mystères sacrés

ni s'envoler l’essaim blanc des Vérités nues! Vous aurez beau pétrir et repétrir des corps dont vous ne prouverez même pas l'existence; Vous ne pourrez jamais pénétrer la substance, de l’hymne universel comprendre les accords!

La matière se dresse — infranchissable digue que les flots de l'Esprit ne renverseront pas —

Astronomes, scrutez l’immensité des cieux!

Vos instruments n’ont pas une immense portée.

Naturalistes vains, jamais le microscope Ne saura dévoiler à vos yeux le tableau des univers roulant dans une goutte d’eau...

Et quand bien même encore bondirait au grand jour la Science...

Quand bien même un nouveau Promothée Déroberait le feu, sans crainte du vautour,

Déjà condamné par la Science — ta fille —

(O vieux globe qui va sans cesse vieillissant,

Tu dois te refroidir!) — Homme mortel, ton sang se doit figer, sous ta misérable guenille..……

Alors que feras-tu du savoir amassé?

A quoi te servira de connaître les causes

et d’avoir pénétré la nature des choses?

Ton secret s’éteindra dans ton cerveau glacé! »

Ce poème fut écrit en janÿvrer 1883; c'est vers cette époque que Stanislas de Guaita reçut d’un ami le Dogme et rituel de la Haute Magie, œuvre d’un des plus grands maîtres des sciences occultes, Eliphas Lévi. Ce fut pour

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