‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 68 sur 114 · LXXXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI · texte numérisé non relu

LXXXVI SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI

Jusqu'ici, Messieurs, j’ai esquissé à grands traits, dans - sa. partie la plus mouvementée, la carrière du général. - Il est temps de considérer l'écrivain militaire, et même l'écrivain tout court, qui n’est pas sans valeur. Doué d’une vive sensibilité qui n’apparaît guère sous le masque froid de son visage, et d’une imagination qu'il a, depuis - Sa jeunesse, mis ses soins à contenir, il écrit d’un sytle ‘ grave, objectif, souvent coloré. Ses jugements sont nets, mesurés, mais rigides comme son caractère, il dit ce qu'il - pense des hommes et des faits. Il a noté, jour par jour, ses pensées, ses actes et ceux des autres. Témoin et acteur des événements, il les a disséqués avec leurs causes et leurs conséquences, pour en tirer des leçons.

Ses Souvenirs militaires nous offrent, vus du côté autri- . chien, le cycle des guerres de la Révolution, de 1792 à 1797, la campagne d'Italie de 1805, la guerre de 1809, et, plus anciennement celle de Bohême, au temps du grand Frédéric, et la campagne contre les révoltés de Belgique, sous Joseph II. Il tient surtout à mettre en lumière les causes des revers de l’armée à laquelle il appartenait.

« L'armée autrichienne, dit-il, était en 1792, la première en Europe, au matériel. Mais l'absence de plans, dès le début, le manque de coordination et la lenteur des mouvements, le changement fréquent de généraux en chef, la direction des services laissée au Grand Conseil de guerre, réunion de vieux maréchaux qui siégeaient à Vienne, loin des opérations, une politique de guerre flottante, les intrigues ministérielles ou de Cour intervenant sans cesse dans le choix des chefs et des étatsmajors, par-dessus tout la composition des quartiers généraux, peuplés de bureaucrates sans patriotisme, préoccupés d'intérêts personnels et de tranquillité, tels sont les motifs, toujours renouvelés, d’une tristesse qui étreint l'officier clairvoyant, en face de son impuissance ! Ce n’est qu’à partir de 1806, que l’archiduc Charles luimême, commence à devenir plus libre de ses choix. En 1805, ne lui avait-on pas donné, comme chef d’état-maJor en Italie, le général Zach, « un bon professeur de mathématiques », dit M. de Vincent.

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