‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 73 sur 114 · XCII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI · texte numérisé non relu

XCII SÉANCE PUBLIQUE DU 26 MAI

les 568 pages, savamment documentées et profondément pensées, sont, grâce à une judicieuse méthode, à un style clair et précis, d’une lecture aussi intéressante qu'instructive.

On y suit par le menu l'effort avisé, persévérant de la dynastie capétienne, pour porter le royaume à ses limites naturelles. Un à un, en des circonstances fort diverses, selon des conditions extrêmement variées, duchés, comtés, terres d’évêchés, villes libres. s’agrégèrent au pnmitif duché de France. Il en résulta une marqueterie, aux pièces inégales, irrégulières, chevauchant les unes sur les autres, chacune d’une nuance très spéciale, et cet enchevêtrement se compliquait d’autres divisions : diocèses, gouvernements militaires, généralités administratives, bailliages, brochant sur leurs limites parfois imprécises, et n'ayant pas, elles non plus, des circonscriptions identiques... Nous ne sommes plus habitués à une telle complexité.

Cette complexité avait frappé déjà les politiques et les économistes du xviti® siècle; mais, comme vous le faites observer, ils avaient été moins sensibles aux embarras qui en nalssaient, qu'au particularisme de toutes ces provinces, grandes et petites, qui gênait singulièrement l'autorité centrale et qui, par la logique des choses, pourrait aboutir à une fédération, comme cela se produisit en Suisse.

Dès lors, la lutte s'engagea entre les promoteurs de la centralisation et les tenants de l’autonomisme provincial. Ceux-ci eurent le dessus, en 1787. Mais, trois ans à peine s'étaient écoulés, que les unitaires prirent leur revanche.

Leur triomphe, toutefois, ne fut pas complet. Au lieu de diviser, comme le voulait Sieyès, d’après Robert de Hesseln, la France, nivelée depuis la nuit du 4 août, en 90 carrés parfaits, sans tenir compte des anciennes circonscriptions, le Comité de Constitution dut établir ses 83 départements, à peu d’exceptions près, dans les limites des anciennes provinces.

Il est fort intéressant de constater, avec vous, province par province, qu'en général ce travail fut non pas hätif

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