‹ Mémoires de l’Académie de StanislasChapitre 83 sur 114 · CHARLES DE CAFFARELLI CHANOINE DE TOUL ET TROIS FOIS PRÉFET · texte numérisé non relu

CHARLES DE CAFFARELLI CHANOINE DE TOUL ET TROIS FOIS PRÉFET

Par Me JÉROME

MEMBRE TITULAIRKE

C'est une singulière figure que celle de ce chanoine de Toul, Charles-Ambroise de Caffarelli, dont M. le comte Bégouen contait récemment l’étonnante carrière (1). Il nous appartient par quelques années de sa vie. Avec l’autorisation de son distingué biographe, nous extrairons des pages attachantes qu’il lui a consacrées, tout ce qui, dans cette vie pleine d'aventures, peut intéresser la Lorraine et l’ancien diocèse de Toul. Nous y ajouterons, chemin faisant, quelques détails sur son passage parmi nous, |

(1) Comte BÉGouEN, Charles- Ambroise de Caffarelli, chanoine, préfet e: chanoine (1758-1826). Toulouse, 1929, in-8 de 24 p. (Extrait des Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 12° série, t. VII). M. le comte Bégouen est l’arrièrepetit-neveu de Charles de Caffarelli.

Sérm VI, t. xx1Ix, 1932 1

Charles-Ambroise de Caffarelli appartenait, semblet-il, à une famille des plus anciennes et des plus estimées du patriciat romain (1). La légende ne la faisait-elle pas remonter à Numa Pompilius et à la nymphe Égérie, en lui prêtant, aux temps historiques, avec une précision amusante, de brillantes alliances avec la sœur des Gracches et la nièce de César? Plus tard, à partir du x1v® siècle, — et ici nous entrons dans le domaine des certitudes — elle donne des papes et des cardinaux à l’Église et prend une place, de premier rang, dans l’histoire de Rome. Le pape Clément VIT était fils de Camilla Caffarelli. Le cardinal Borghèse — Scipion Caffarelli — celui-là même à qui l’on doit la création de la villa Borghèse, était fils de Francisco Caffarelli. À Rome, deux palais portaient ce nom illustre et c’est dans les jardins de l’un d’eux, qui fut occupé longtemps par l’ambassade d’Allemagne, que l’on gardait les souvenirs de la Roche Tarpéienne.

C'est au xvue siècle qu'une branche de cette vieille famille romaine serait venue s'établir en France, et c'est en 1685 que Philippe Caffarel, avocat à Toulouse — petit-fils, s’il faut en croire des traditions de famille confirmées par un acte du Sénat romain de 1739, d’un François Caffarelli qui aurait accompagné en France, sous Louis XIII, le nonce Béntivoglio — s'était rendu acquéreur de la seigneurie du Falga. François Caffarelli se serait fixé d’abord à Montpellier et aurait embrassé la religion protestante. Pendant un certain temps encore, le mélange de religion devait se continuer parmi ses descendants (2). |

Charles-Ambroise de Caffarelli était né au Falga (3), petit hameau du Languedoc, le 15 janvier 1758. Il état fils de Pierre-Maximilien de Caffarelli, alors chef de k maison et seigneur du Falga, qui avait épousé en 1755

(1) Notons cependant qu’on l’a dite quelquefois originaire de Corse. Cf. L'Épiscopat français depuis le Concordat jusqu’à la séparation, 1802-1905. Publ. de la Société bibliographique, Paris, 1907, p. 547.

(2) BÉGOUEN, op. cit., p. 3.

(3) Le Falga, canton de Revel, arrondissement de Villefranche (Haute-Garonne).

Marie-Félicité d’'Anceau de Lavelanet (1). Son père était mort en 1766 et sa mère était restée veuve, à l'âge de trente-trois ans, à la tête d’une nombreuse famille de six garcons et quatre filles. Femme de grande énergie, elle fut à la hauteur de sa lourde tâche. Elle sut donner à ses fils une éducation des plus soignée, les confiant à l’école alors très réputée de Sorèze et n’hésitant pas à venir se fixer elle-même auprès d’eux, afin de suivre de plus près leurs études et leurs travaux (2).

Charles-Ambroise était le second des fils de Pierre- Maximilien. Max — abréviation de Louis-Marie-Joseph- Maximilien — était l’aîné. Venaient ensuite Philippe, Joseph, Jean, Auguste. Tous, dans des voies diverses, devaient se distinguer par leurs talents et leurs services et laisser un nom dans l’histoire.

Tandis que Max, Philippe, Joseph, Auguste s’orientaient vers la carrière des armes, Charles — nous l’appellerons ainsi désormais — et un peu plus tard son frère Jean, se disposaient à embrasser l’état ecclésiastique. Tous deux allaient se donner à l’Église et à Dieu, mais combien leurs destinées devaient être différentes et quel contraste elles allaient bientôt offrir!

Ordonné prêtre à Toulouse en 1786, Jean — plus jeune de cinq années que son frère Charles : il était né le 1€r avril

(1) On lui donne quelquefois les prénoms de Louise-Félicité-Mar- |

guerite. Cf. Revue du Vivarais, 1930, article de M. L. LorioN, Charles- Ambroise Caffarelli, premier prélet de l’ Ardèche, p. 63, et D' RoBiner, Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l’Empire, 1789-1815. Paris, s. d.

(2) Les frères Caffarelli furent à Soréze des élèves remarquables et l’École en resta fière. Leur nom avait trouvé place dans la Sorézienne de Lacordaire, où l’on rappelle que :

« … Bonaparte a trouvé dans Sorèze « Vingt généraux et cinq Caflarelli. »

Cinq, parce que entre temps l’un des six frères, Philippe. émigré, avait été fusillé à Quiberon, en 1795. BÉGOUEN, op. cit., p. 5. Cf. Jules LAcoINTA, Le Père Lacordaire à Soreze. Paris, 1881, p. 253. Le buste du général Maximilien Calfarelli figurait dans la salle des souvenirs

parmi ceux des hommes dont l'établissement s’enorgueillissait, Ibid., p. 174.

1763 — remplit d’abord les fonctions de vicaire dans sa paroisse natale. Lorsque vinrent les mauvais jours de la Révolution, il refusa de prêter le serment constitutionnel et dut se réfugier en Espagne, où il resta jusqu’en 1798. À cette date, ayant pu rentrer en France, il vint habiter chez son frère Joseph, alors préfet maritime de Brest. Le Premier Consul devait l'appeler en 1802 au siège épiscopal de Saint-Brieuc, où il mourut en 1815 (1).

Tout autre allait être la carrière de Charles. Avant même d'entrer dans les ordres, simple clerc tonsuré de Toulouse, il avait obtenu, dès l’année 1775, un canonicat au chapitre de Toul. Ce départ de Toulouse pour Toul, cet exode de Languedoc en Lorraine, ont de quoi étonner au premier abord. Un grand-oncle du jeune clerc, M. Darailh, était chanoine de Toul (2). Ce fut lui, apparemment, qui l’appela, avec l'intention de résigner son bénéfice en sa faveur. Charles n’avait encore que dix-sept ans.

- La première mention que l’on trouve de lui dans les registres capitulaires de l’église de Toul est du vendredi 15 septembre 1775. M. Darailh se démet de son canonicat à son profit. On dépose sur le bureau du chapitre des lettres d'attache du roi en date du 27 août précédent, ainsi que deux bulles du 19 juin, dont l’une portait création d’une pension de 80 ducats d’or de la Chambre, la seconde concernant la démission de M. Darailh. A ces bulles étaient joints deux arrêts de la cour souveraine, du 9 septembre, permettant, l’un la prise de possession du temporel, l’autre l'établissement de la pension. Lecture est donnée de toute cette procédure, que l’on approuve (3). Quelques semaines après, la maison occupée

(1} Cf. L'Épiscopat français, p. 547.

(2) Ou d’Arailh. Les registres capitulaires de Toul écrivent Darailh. Un François Caffarelli, fils de Philippe, avait épousé, au commencement du xviue siècle, Marie d’Arailh, fille de Jean d’Arailh, avocat au Parlement de Toulouse et juge de la baronnie d'Auriac. Cf. Bé- GOUEN, op. cit., p. 3. Le chanoine d’Arailh de Toul devait être le frère de Marie d’Arailh, l’oncle de Pierre-Maximilien, le grand-oncle par conséquent de Charles-Ambroise.

(3) Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 106, fol. 142 verso. Sur 5a demande, quelques semaines après. séance du 29 septembre, M. Da-

mn RES = —

—— he "+.

par le chanoine démissionnaire était mise en vente par le chapitre, suivant l’usage, et le 20 octobre, à la troisième publication, elle était adjugée à Charles-Ambroise de Caffarelli du Falga (1) pour la somme de 4.000 livres, cours de France (2). |

Dès le vendredi 29 septembre, d’ailleurs, le jeune chanoine, après avoir présenté au chapitre un extrait de son acte de baptême et ses lettres de tonsure, avait été mis en possession de son bénéfice. Le chanoine chantre et MM. d’Hamonville et Husson recevaient mandat pour l'installer au chœur en la forme accoutumée, et il était admis à commencer son stage le lendemain, 30 septembre, à l'office de vêpres (3).

Voici donc Charles de Caffarelli chanoine de Toul. I] n’était que tonsuré, n'avait pas encore atteint sa dixhuitième année et n'avait pas terminé, peut-être même pas commencé, son cours de théologie. Il va poursuivre désormais sa préparation aux ordres en même temps que ses études (4), conciliant, autant qu'il est possible, ce

railh reçoit de ses confrères, qui le lui accordent à l’unanimité, le titre de chanoine honoraire. G. 106, fo 143 vo. Le chanoine Darailh ne devait plus vivre longtemps. Dans un acte capitulaire du 22 août 1727, on lit que « Messieurs ont fixé aux vendredi et samedi 5 et 6 du mois de septembre... les vigiles et services pour feu M. Darailh, cydevant chanoine de cette église, à la prière de M. du Falga, chanoine, son neveu ». G@. 107, fol. 25 verso.

(1) Les actes du chapitre le désignent en effet de diverses manières : de Caffarelli; — du Falga;, — de Caffarelli du Falga.

(2) Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 106, fol. 147 recto.

(3) Zbid., G. 106, fol. 143 recto.

(4) Où faisait-il ces études? Était-ce à l'Université de Nancy? Nous ne le croyons pas, car nous n’avons pas retrouvé son nom sur les listes des étudiants de l'époque. Le registre capitulaire relate. au 16 février 1776, que le président du chapitre annonce que « M. du Falga, chanoine, souhaitait qu’il plût à la Compagnie de régler pour Jui une pension scholastique, étant sur le pcint d’aller étudier dans une Université et y prendre des grades ». Archives de Meurthe-et- Moselle, G. 106, fol. 154 recto. Quelques mois plus tard, le 13 septembre 1776, il est attesté, par une lettre de M. Bourachot, que depuis le mois de mars il demeure « au séminaire où il travaille à faire ses études académiques ». Zbid., G. 107, fol. 3 verso. Et dans l’acte capitulaire du 31 octobre suivant, on lit que « Messieurs, ayant égard aux circonstances dans lesquelles se trouve M. du Falga, et sans que cela puisse tirer à conséquence, ont arrèté que par M. le chanoine boursier,

qu'exige la formation ecclésiastique avec les obligations du chœur et sollicitant à cet effet les dispenses nécessaires (1). Il reçoit successivement les ordres mineurs, puis le sous-diaconat à Noël 1779 (2), le diaconat en 1/81, apparemment à la Trinité, enfin la prêtrise à la fin de

cette même année 1781, probablement à l’ordination de Noël (3).

Dans les annéesqui suivent, jusqu’en 1789, son existence de chanoine n'offre rien de particulièrement remarquable. Il prend part aux actes du chapitre, dont il est un des membres les plus actifs. Il s’acquitte avec soin des fonctions qui lui sont confiées, celles, notamment, de diacre d'honneur, de maître des cérémonies et d’archiviste. Le 25 septembre 1789, il est élu, avec MM. Tardif d'Hamonville et Barthélemy, président annuel des assemblées capitulaires, charge qu'il gardera jusqu’à son départ de Toul (4). Nous voyons aussi, plusieurs fois, qu’on lui

il lui serait payé annuellement, tant qu’il ne serait pas dans les ordres majeurs et qu'il étudierait dans une Université fameuse, une somme d’onze cents livres, argent de France, sur lesquelles mon dit sieur du Falga sera tenu d’acquitter la pension dont son bénéfice est grevé sans que le chapitre puisse en aucune manière être recherché pour le paiement de ladite pension. »s Zbid., G. 107, fol. 9 recto.

(1) I se trouvait, en effet, dans une situation un peu exceptionnelle. Le chapitre intervient à diverses reprises pour fixer son état, pour établir la « pension scholastique » à laquelle il aurait droit, pour lui donner les dispenses du chœur que rendaient nécessaires ses études, pour demander à l’archevêque de Toulouse, dont il dépendait toujours par la tonsure, les dimissoires requis pour les ordinations, etc. Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 107-108, passim. Le 27 juin 1777, on décide — il était encore in minoribus — qu'il portera + le rochet à manches et le camail avec la petite croix attachée audit camail ». G. 107, fol. 23 verso.

(2) Après cette ordination, le 31 décembre 1779, on présente au chapitre « les lettres de sous-diaconat de M. de Caffarelli, chanoine, sur quoi Messieurs ont ordonné qu’il serait inscrit sur la table épistolaire ». Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 107, fol. 66 recto.

(3) Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 107, passim.

(4) Chaque année, dans sa dernière réunion de septembre, le chapitre élisait trois présidents pour l’année capitulaire, qui commençait au 1er octobre. Ils exerçaient la présidence à tour de rôle, pendant quatre mois chacun, et quand le président en exercice était empêché, c'était un des deux autres qui devait le suppléer.

C’est en cette qualité de président que le chanoine Caffarelli, le

confie la rédaction de notes, de rapports, de mémoires concernant diverses affaires (1). Dès cette époque, il. excellait dans ce genre de travail, préludant aux fonctions administratives qu’il devait remplir plus tard. Ne dira-t-on pas de lui, quand il fera partie, sur la fin de sa vie, du Conseil général de la Haute-Garonne, que « la rédaction du procès-verbal (des séances }) lui procurait une délicieuse jouissance » (2)?

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Sans la Révolution, l'existence de Charles de Caffarelli se fût sans doute continuée, sans éclat, dans l’accomplissement exact, correct, consciencieux, à peu près anonyme, des fonctions canoniales. Il n’eût pas eu d’histoire. « M. de Caffarelli du Falga, dira plus tard de lui quelqu'un qui l'avait alors connu, résida à Toul une vingtaine d'années. C’était un pieux et brave ecclésiastique remplissant exactement son office de chanoine (3). » Et après une vie honorable et paisible — ofium cum dignitate — il se fût éteint sans bruit, comme son oncle, démissionnant aussi comme lui, peut-être, au soir d’une longue existence, au profit de quelque parent ou ami. Mais brusquement le cours des choses allait changer. Dans cette vie tranquille, l'orage de la Révolution va jeter un trouble profond.

vendredi 12 février 1790, au chapitre général des Cendres, en l'absence du doyen indisposé, fait « un discours latin sur les obligations des chanoines »s, après lequel il donne eaux membres du bas chœur les avis convenables pour le maintien de la régularité dans le chant et de la décence à observer en assistant à l’oflice divin +». Extrait des Actes capitulaires, comm. par M. l'abbé Clanché.

(1) Archives de Meurthe-et-Moselle, G. 107-108, passim. Le 7 mars 1784, nous le voyons faire fonctions de prévôt de Villey-Saint-Étienne. Jbid., Q. 534, 1. 189, no 8. Cf. MaANET, Le chäteau de Villey-Saint- Étienne. Nancy, 1932, p. 51.

(2) BÉGOUEN, op. cit., p. 21, citant M. de Montbel.

(3) Témoignage d'un contemporain consigné dans une note de M. Delalle, curé de la cathédrale de Toul, aimablement communiquée par M. l'abbé Clanché.

La famille Caffarelli, en la personne de quelques-uns de ses membres tout au moins, s'était laissé pénétrer par les idées nouvelles. Nous savons que l’aîné, Max, avait aspiré à jouer un rôle dans le mouvement naissant de la Révolution. De la sénéchaussée de Castelnaudary, il voulut prendre part aux assemblées préparatoires aux États généraux, non dans les rangs de la noblesse, mais avec le Tiers État. S’il ne fut pas élu député, à son vif regret, du moins eut-il une large part dans la rédaction du cahier du Tiers dont on a dit qu'il fut « un des meilleurs cahiers de la province » (1).

Charles partageait les idées libérales de son frère. Il accueillit la Révolution sans étonnement, peut-être sans déplaisir.

Son nom figure parmi les signataires du cahier des «très respectueuses remontrances, plaintes et doléances du clergé du bailliage de Toul », établi après la réunion plénière du clergé, le 30 mars 1789 (2). Il signe : « de Caffarelli, chanoine, député, commissaire ». Quelle fut sa part dans la rédaction de ces revendications du clergé toulois, nous l’ignorons. Ce que nous savons, c'est que la Révolution ne dut point tout d’abord l’effrayer. Tandis qu'à Toulouse son frère Jean refusera bientôt avec fermeté le serment de la constitution civile, préférant l’exil à ce qu’il estimait une défaillance, Charles semble s’être rallié de bonne heure à l'ordre de choses nouveau. Dès le début de l’année 1790, nous le voyons

(1) BÉGOUEN, op. cit., p. 7.

(2) S. 1. n. d., 19 pages in-8. Le 7 mars 1789, Caffarelli avait été député par l'assemblée capitulaire, avec deux de ses confrères, MM. Ducrot et de la Roche-en-Or, pour représenter le chapitre # l'assemblée générale des trois ordres du bailliage de Toul, fixée au 16. Tous trois avaient été chargés de rédiger le cahier particulier des remontrances et doléances du chapitre. Le 11, les trois commissaires donnaient connaissance de leur travail à leurs confrères, qui l’approuvaient. Quelque temps après, Caffarelli est encore un des chanoines députés par le chapitre à l'évèque, M. de Champorcin, pour traiter avec lui de la grave question du maintien à Toul du siège épiscopal. dont l'assemblée nationale projetait la suppression, et des démarches qu'il serait opportun de faire auprès de l’assemblée. (Extrait des Actes Capitulaires, comm. de M. Clanché.)

associé à l’administration de la vieille cité touloise. Le 6 février, quand le Comité de 40 membres précédemment élu par les citoyens des paroisses, fait place, conformément à la loi, à un conseil général de la commune, il est nommé, au premier tour de scrutin, officier municipal. En cette qualité, le 14 février, il prête, avec ses collègues, dans une cérémonie solennelle à la cathédrale, à l'issue de la messe, le serment civique exigé des fonctionnaires civils, militaires et ecclésiastiques (1) — premier serment qui n’était pas, bien entendu, le serment de la constitution civile du clergé, celui-ci ne devant être imposé que plus tard, après le vote de cette constitution (2). Le 23 février enfin, il assiste, avec les autres membres du corps municipal, au serment de l’évêque, M. de Champorcin, à l'Hôtel de Ville (3).

Et au même moment, comme aussi dans les semaines qui suivent, il intervient activement dans les affaires de la ville. Le 15 février, il accepte, provisoirement, jusqu’à ce que les commissaires désignés à cet effet entrent en fonctions, de recevoir les déclarations de la contribution patriotique. Ce même jour, on lui confie une des trois clefs de la caisse de la maison commune. Le 16, on le

(1) Cf. Archives municipales de Toul, série BB, reg. 54, et Albert Denis, Toul pendant la Révolution. Toul, 1892, p. 136 et suiv. La municipalité, ou Conseil général de la commune, comprenait, outre le maire et le procureur-syndic, huit officiers municipaux et dix-huit notables. Le 10 novembre, conformément au décret du 14 décembre 1789 qui établissait que les membres du Conseil général, nommés pour deux ans, seraient renouvelables annuellement par moitié, on tira au sort les membres qui feraient partie de la première série. Le nom de Caffarelli sortit. Les remplacants furent nommés les 14 et 15 novembre. Mais Caffarelli ne fut pas réélu : il avait en effet quitte Toul depuis le mois de mai, apparemment sans esprit de retour. Il fut remplacé comme officier municipal par Pabbé Saulnier qui faisait partie jusque-là du groupe des notables.

(2} Au moment où l'on exigera des ecclésiastiques fonctionnaires publics le serment de la constitution civile du clergé, premiers mois de 1791, Caffarelli ne sera plus à Toul. Rentré au Falga depuis le mois de mai, nous ne savons s’il eut à le prèter dans cette localité. Peutêtre n’y fut-il pas astreint, n'étant pas fonctionnaire public. D'ailleurs, il ne devait pas tarder, — si rela n’était déjà accompli, — à renoncer entièrement à l’état et à la vie ecclésiastiques.

(3) Cf. DENGs, op. cüt., p. 144.

charge de préparer une lettre au député toulois Maillot, alors à l’Assemblée nationale à Paris, pour obtenir par lui, du Comité de constitution, des éclaircissements au sujet de la déclaration des biens ecclésiastiques. Le 22, il est un des quatre commissaires qui doivent assister le lendemain matin à une distribution de deniers qui sera faite dans les paroisses de Toul : c’est la paroisse Saint-Jean qui lui est assignée. Le 10 mars, il prend la parole pour remercier de leur gestion les officiers du bureau de subsistance et les administrations chargées des approvisionnements; il loue leur activité, leur intelligence, leur désintéressement. Le 30, on le prie de répondre à une lettre du chapitre de Remiremont. Le 21 avril, au lendemain de la foire du Saint-Clou, au cours de laquelle on avait pu craindre que les vivres ne manquassent, il est chargé de transmettre aux boulangers toulois les propositions de la municipalité et de leur faire connaître les mesures prises par elle pour assurer le débit du pain en quantité suffisante (1). |

Mais les chapitres vont être supprimés. Le chanoine Caffarelli quitte bientôt la Lorraine, où rien désormais ne le retiendra plus. Il revient au Falga, où 1l retrouve ses frères (2). Au Falga comme à Toul, il continue de s'in-

(1) Archives municipales de Toul, BB, reg. 54 et 60, passim.

(2) C'est tout à la fin d’avril ou au commencement de mai 1790 que Caffarelli quitte Toul. 11 y était encore le 29 avril, date à laquelle il présidait pour la dernière fois, ce semble, l'assemblée capitulaire. Le vendredi 14 mai 1790, le président de cette assemblée, M. Tardif d'Hamonville, chanoine archidiacre, l’un des présidents de l’année, — en l'absence, nous dit le procès-verbal, de M. de Caffarelli, président en exercice, — donne lecture d’une lettre par laquelle celui-ci + annonce la nécessité où il se trouve de partir pour son pays pour affaires si pressantes qu’elles ne luy donnent pas même le temps d'attendre la convocation du chapitre où il puisse l'en prévenir, luy rend compte des clefs des archives (nous avons vu qu’il était archiviste) el annonce le besoin qu’il a d'un congé qu'il craint cependant de demander ?. L'assemblée, prenant en considération + le zèle avec lequel M. de Caffarelli a travaillé dans toutes les affaires dont il a été chargé par le chapitre, son assiduité à l'office lorsque sa santé et ses occupations le luy permettent +». décide qu'il sera + tenu présent à l'office pendant tout le temps que ses affaires l'obligeront d'être absent ». On prie un de ses confrres, M. Pallas, de le suppléer dans les fonctions de

téresser à la chose publique. Il est désigné le 19 juin 1790 comme électeur du second degré pour l’assemblée primaire du canton de Saint-Félix de Caraman (1) et, quelque temps après, nommé administrateur du district de Revel dont le Falga faisait partie.

Puis les événements se précipitent. Max et Charles n’ayant pas, malgré leurs concessions aux idées libérales, donné des gages suffisants à la Révolution, sont internés pendant plusieurs mois dans la maison des Carmélites de Toulouse transformée en prison (2). Ce sont les démarches fraternelles de Joseph et d'Auguste, engagés volontaires et officiers à l’armée des Pyrénées-Orientales, qui obtiennent leur délivrance, après les mauvais jours de la Terreur et le 9 thermidor. Ils reviennent au Falga. Charles y restera pendant toute la période révolutionnaire (3).

C'est alors que Bonaparte apparait dans la vie des Caffarelli, apparition prestigieuse qui va modifier profondément leurs destinées.

C’est par Max que la famille connut celui qui n’était encore que le général Bonaparte, mais qui allait être bientôt le Premier Consul, puis l'Empereur. Impatient de servir, Max avait quitté le Falga pour l’armée de Sambre-et-Meuse. Le 16 frimaire an IV (7 décembre 1795), dans un combat sur la Nahe, il avait eu une jambe emportée par un boulet. Malgré sa blessure, dès que ses

maitre des cérémonies et de diacre d'honneur. Le chapitre toulois allait d’ailleurs ètre dissous : la dernière délibération dont les actes soient arrivés jusqu'à nous est du 22 octobre suivant. (Extrait des Actes capitulaires, comm. de M. Clanché.) Caffarelli ne devait plus revenir. Son nom, toutefois, figure encore pendant quelque temps dans divers états dressés par le Directoire du district de Toul pour la fixation des pensions à allouer aux ecclésiastiques dont les fonctions avaient été supprimées. La pension attribuée à Caffarelli s'élevait à 2.427 livres 12 sols, soit 606 livres 18 sols par trimestre. Archives de Meurthe-et-Moselle, L. 2440 et 2441.

(1) BÉGOUEN, p. 8.

(2) Max, officier à l'armée du Rhin, avait été destitué, et emprisonné quelque temps après, pour avoir protesté contre les décrets du 19 août.

(3) Max avait été délivré le premier. Charles le fut quarante-six jours après, le 24 frimaire an 111, 14 décembre 1794. BÉGOUEN, p. 9.

forces le lui permettent, il part de nouveau pour Pari et se met sous les ordres de Bonaparte. Son rêve se réalise. Il sera désormais le compagnon d'armes, bientôt le confident et l'ami du général en chef. Il l'accompagne en Syrie et en Égypte. Mais frappé mortellement au siège de Saint-Jean-d’Acre, il succombe le 8 floréal an VII (27 avril 4799). Sur son lit de mort, faisant ses adieux à Bonaparte, il lui avait recommandé sa famille: « Mes sœurs n’ont pas besoin de toi, je te recommande mes frères. »

Bonaparte ne devait pas oublier la suprême prière de son ami mourant. À son retour en France, il avait emporté avec lui le cœur et le bras de Caffarelli: le cœur qu'il devait garder pour lui comme une relique dans une boite d'argent, le bras qu'il remit à la famille et que Charles fit déposer avec honneur, au parc du Falga, dans un mausolée entouré de cyprès (1). Et bientôt devenu Premier Consul et maître de la France, il s’occupe des survivants.

Il restait alors quatre frères Caffarelli. La protection du Premier Consul s’étendit à tous. L'un, Jean, l'exilé d'Espagne maintenant rentré en France, devint évêque de Saint-Brieuc; le second, Joseph, conseiller d’État et préfet maritime à Brest; le troisième, Auguste, général. Qu’allait-il advenir de Charles, le quatrième? L'ancien chanoine de Toul, tout en menant d'ailleurs une vie humainement très digne, semblait bien avoir décidément renoncé à la carrière ecclésiastique et ne plus guère se soucier de son canonicat toulois. Par contre, il se savait des dispositions et il se sentait de l’attrait pour les charges administratives. Un décret du 3 mars 1800 le nomma préfet de l'Ardèche, à Privas. Il ne devait y rester que quelques mois. La préfecture beaucoup plus importante du Ca vados, avec résidence à Caen, lui fut bientôt confiée, 2 novembre 1801. Il s’y distingua tout particulièrement, et l’on a pu le ranger parmi les grands préfets du premier Empire (2).

(1) BÉGOUEN, p. 10.

(2) EL. Mabetix, La France de l'Empire. Paris, 1926, p. 168.

Malheureusement :il allait être victime d’un conflit qui éclata entre lui et la police de l'Empereur, à l’occasion d’une affaire de chouannerie où se trouvaient impliqués d’anciens complices de, Cadoudal (1). Déplacé sur sa demande ét envoyé en demi-disgrâce dans l'Aube, 12 février 1810, 1l y poursuit honorablement sa carrière préfectorale jusqu’en février 1814, s’y montrant, comme à Caen, « homme de bien » en même temps qu’ « habile administrateur » (2).

Mais l’Empire était menacé et penchait vers sa chute. Après les revers, ce fut bientôt l'invasion. Obéissant à des instructions maladroites ou mal comprises, estimant d’ailleurs la cause impériale à jamais perdue et son rôle à lui terminé, Caffarelli se décida à quitter Troyes, au moment où les Alliés s’en emparaient. Mécontent de ne l'y point trouver à la reprise de la ville, Napoléon le destitua, 24 février 1814.

La carrière administrative de Charles de Caffarelli est désormais achevée. Se considérant comme délié vis-à-vis de Napoléon, il se rallie au gouvernement de la Restauration, mais refuse, malgré les instances de ses anciens administrés, peut-être aussi du nouveau régime, de reprendre ses fonctions de préfet. Rentré au Falga, il accepte cependant le mandat peu absorbant de membre du Conseil général de la Haute-Garonne. Il sera le secrétaire de cette assemblée jusqu’à sa mort.

Nous sommes en 1814. L'ancien chanoine, l’ancien préfet, est revenu à sa terre natale pour ne la plus quitter. Il approche de la soixantaine. Il n’a plus que quelques

{1} M. G. Lenôtre a conté cet épisode de chouannerie dont le préfet Caffarelli fut la victime dans un volume intitulé : Tournebut, 1804-1809. La chouannerie normande au temps de l'Empire. Paris, 1901. Il est d'une sévérité peut-ètre excessive pour Caffarelli. Le comte Bégouen, plus modéré, nous paraît plus équitable.

(2) BÉcouEn, p. 19.

années à vivre : ce seront des années de retraite. Au soir d’une existence qui a été débordante d'activité, souvent agitée, plus d’une fois semée d’aventures, il semble qu'il ait éprouvé le besoin de se recueillir. Encore qu’il soit bien délicat de vouloir pénétrer la psychologié religieuse d’une âme complexe, comme devait l’être celle de Charles de Caffarelli, et téméraire d’en scruter les mystérieuses intimités, j'imagine qu’en ces dernières années, dans sa solitude du Falga, entre les sessions du Conseil général, il dut plus d’une fois se reporter aux heures lointaines de sa jeunesse. Il ne devait plus revoir la ville de Toul, mais sa pensée dut l'y ramener souvent et l’y promener, avec la mélancolie des souvenirs, au chœur maintenant désert de l’antique cathédrale, à travers le vieux cloître tant de fois parcouru, aussi bien que dans le modeste hôtel canonial qu'il avait occupé quinze années durant après son grand'oncle Darailh. Il avait dès lors repris l’habit ecclésiastique, ainsi que son titre et sa qualité de prêtre. Les procès-verbaux du Conseil général de la Haute-Garonne sont signés : Charles de Caffarelli, prêtre (1). A vrai dire, il ne semble pas que, depuis son départ de Toul, en 1790, et avant son retour définitif au Falga, la question religieuse ait tenu beaucoup de place dans ses préoccupations. Sans doute, 1l s'était toujours montré respectueux de croyances et de pratiques qui ne paraissaient plus être les siennes. S'il avait renoncé à l’état ecclésiastique — auquel rien ne l’eût appelé, vraisemblablement, sans la résignation en sa faveur d’un bénéfice familial, — jamais il n’avait-donné le scandale de ces reniements doulôureux dont trop de prêtres, en ces temps troublés, fournirent l’affligeant spectacle. II ne s'était pas marié et, dans sa sécularisation, était resté correct. S'il avait cessé toute manifestation extérieure de son sacerdoce, on a pu dire avec raison qu'il semblait avoir réservé ses sentiments intimes (2). Mais il faut bien le

(1) BÉGOUEN, p. 22.

(2) BÉGouEN, p. 22. Lorsqu'il est détenu aux prisons de Toulouse, pour obtenirsa libération, il se contente de faire remarquer à Mallarmé, alors envoyé en mission‘dans la Haute-Garonne; qu'il + a renoncé à toute fonction du culte et à tout traitement ».

reconnaître, s’il se montrait respectueux, il paraissait plus encore indifférent. Rien ne l’eût empêché, au moment du Concordat, de suivre l’exemple de son frère Jean, le prêtre fidèle devenu évêque. Il ne semble pas qu'il y ait même songé. Ce n’est que peu à peu, avec le temps, avec l’âge, — à la suite peut-être des épreuves douloureuses qu’il eut à traverser — qu'il se prit à réfléchir, que son âme s’ouvrit à de plus graves pensées, qu’une orientation nouvelle se fit dans son existence. Ainsi que l’a dit un de ses amis dont l’amitié lui resta fidèle jusqu’à la fin, M. de Montbel, « l’habit brodé d’argent » (1) ne pouvait garantir indéfiniment contre le remords « un cœur qu avait longtemps battu sous la soutane ». Au Falga, …l reprend ses habitudes de piété, même ecclésiastiques. Une tradition voulait qu'il n’eût jamais cessé, même aux jours de ses préfectures de Privas, de Caen, de Troyes, de réciter chaque jour son bréviaire (2). Son biographe estime avec raison qu'il est bien difficile de croire à une fidélité aussi complète à la discipline cléricale. Mais nous pouvons bien admettre que peu à peu, à partir d’une certaine époque, peut-être même dès son séjour à Troyes, certainement après son retour en Languedoc, il revint aux pratiques de son premier état. Depuis plusieurs années, ce retour à Dieu se préparait. Après 1814, il fut définitif : « Ce digne homme, — c’est encore son ami de Montbel qui parle (3) — vit dans les événements qui l’enlevèrent à ses chères fonctions préfectorales, une grâce providentielle le ramenant à ses devoirs ecclésiastiques. Quelque temps après, il reprit en effet le petit collet, s'étant parfaitement réconcilié avec l’Église, à laquelle il avait toujours conservé des sentiments de vénération. Il devint l’aumônier de ses sœurs au château du Falga.

(1) BÉGOUEN, p. 23. |

(2) M. le comte Bégouen a voulu visiter sa bibliothèque, encore conservée au Falga. 11 v a trouvé + son bréviaire du diocèse de Toul d'avant la Révolution, fortement usage, également celui du diocèse de Toulouse, portant les traces d'une lecture fréquente, et, à surprise, les quatre volumes de celui du diocèse de Troyes, moins feuilletés peut-être. Mais il n'y fut préfet que quatre ans s. BÉGOUEN, p. 23.

(3) Cité par BÉGOUEN, p. 23.

Il participait à leurs œuvres d’infatigable charité, édifiant les habitants du Lauraguais par sa piété humble et fervente. »

Les derniers mois de la vie de Charles de Caffarelli devaient lui réserver — et nous ménager à nous aussi — une dernière surprise. ,

L’archevêque d’Albi, diocèse voisin de Toulouse, était alors Mer Brault. Il avait occupé le siège de Bayeux au temps où Caffarelli était préfet du Calvados. L’évêque et le préfet avaient eu l’occasion de se rencontrer et des liens de sympathie s’étaient formés entre eux (1). Redevenu son voisin (2) et voulant lui donner une marque d'estime, l’archevêque nomma l’ancien préfet chanoine honoraire d'Albi, achevant ainsi de donner à ses trois préfectures laïques, le cadre ecclésiastique, certes peu banal, de deux canonicats.

En même temps qu'homme de bien et administrateur actif, habile, intègre, Charles de Caffarelli était un esprit très cultivé. Laborieux et érudit, il aimait à consacrer à l’étude les loisirs que pouvait lui laisser sa vie administrative. Il avait publié, sur des questions d’économie politique, de finances, d’agriculture, des travaux qui furent estimés (3).

(1) C’est en 1823 que Msr Brault avait quitté Bayeux pour Albi Cf. L'épiscopat français, p. 25.

(2) Le Falga est à proximité du département du Tarn.

(3) Outre une notice sur son frère aîné, le général Caffarelli, mort pendant l'expédition d'Égypte, imprimée à Caen en 1800, on a de lui : un Mémoire sur les perceptions à vie : une étude intitulée : Abrégé des Geoponiques, extrait d’un ouvrage grec fait sur l'édition donnée par Jean- Nicolas Niclas à Leipzig, en 1784, par un amateur (Paris, 1811, in-8). 1] avait aussi collaboré en 1804 à l'édition, donnée par la Société d'agriculture du département de la Seine, du Théâtre d'agriculture et Ménage des champs d'Olivier de Serres.

Nous avons eu l'occasion déjà de parler de sa bibliothèque, qui était importante et que l’on conserve au Falga. Il s'était fait faire un intéressant ex-libris. Cf. Revue du Vivarais, 1930, p. 222, article cité de L. LoRioN, ainsi que A. De Maur et E. Des RoBenT, Er-bris et fers de reliure des bibliophiles lorrains. Nancy, 1906, p. 53.

Charles-Ambroise de Caffarelli mourut le 6 novembre 1826, au château du Falga, à l’âge de soixante-neuf ans (1). Il est qualifié, dans son acte de décès, de « célibataire, prêtre, ancien chanoine de l’église cathédrale de Toul, chanoine honoraire de la métropole d’Albi, baron, chevalier de l’ordre royal de la Légion d'honneur, ancien préfet, membre du Conseil général du département » — ‘ce qui fait écrire à M. de Lanzac de Laborie, et c’est aussi par quoi nous conclurons ces pages où nous avons essayé de faire revivre la curieuse figure de Charles de Caffarelli : « Cette très exacte énumération, qui nous apparaît comme un tissu d’effarantes contradictions, ne déconcertait point la philosophie politique — M. de Laborie eût pu ajouter religieuse — des contemporains (2). »

(1) Le Moniteur du 18 novembre 1826 annonçait sa mort en ces termes : « M. Charles Caffarelli, frère du général de ce nom, vient de mourir au château du Falga, près de Villefranche. Il était chanoine de Toul en 1789. Sous Buonaparte, il fut successivement préfet de l'Ardèche, du Calvados et de l'Aube. Destitué en 1814, pour n'être pas rentré à Troyes avec l’armée française, M. le baron Caffarelli n’obtint aucunes fonctions au retour du Roi. On lui doit plusieurs ouvrages d'économie politique. Dans ces derniers temps, il avait repris ses premiers goûts pour les études ecclésiastiques. »

(2) Trois préfectures entre deux canonicats, dans Journal des Débats $ mars 1930, article signé De L. de L.

Série VI, t. xxIXx, 1932 2

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