SCÈNE XII
CHiMiiirB, à Elvire.
« Elvire , que je souffre et que je suis à plaindre ! >
S'il était possible d'ajouter quelque chose aux beautés sans nombre dont cet ouvrage est rempli y on pourrait hasarder de changer le premier vers de cette scène et de la commencer ainsi :
Il part ! il m*obéit ; Dieu ! que je suis à plaindre !
n me semble que ces deux sentimens y interrompus par une réflexion profonde, expriment mieux l'inquiétude de Chimène, et le regret qu'elle a de voir l'obéissance aveugle de son amant, quand cette obéissance peut lui être fatale.
Car enfin, quoique Rodrigue soit un des plus braves hommes de son siècle, il peut éprouver qpmme un autre le sort des armes, et succomber sous les coups d'un maladroit.
Alors Chimène a tout perdu, puisqu'on sait qu'en un seul jour elle aura vu mourir son père et son amant, et qu'elle se sera vue forcée d'épouser le meurtrier de ce dernier.
Je termine ici ce petit travail, entrepris
. pour mon instruction particulière (ainsi que celui que j'ai fait sur Nicomède)^ et non dans la vue de me refroidir sur la vénération profonde que j'ai toujours eue pour un des plus grands hommes de son siècle^ et que l'on peut nommer, ajuste titre, le père et le créateur de la tragédie en France.