SCÈNE II
NICOMÈDE, LÀODICE, ATTÀLE.
L'arrivée d'Attale, qui interrompt assez cavalièrement l'entretieade Laodice avec Nicomède , pour parler de son amour à cette princesse^ devant un homme quil n'a jamais vu, et qu'il prend ensuite pour un valet; cette action , dis-je , n'est ni vraisemblable , ni décente : n'est-elle pas d'autant plus extraordinaire, que Corneille se montre toujours très sévère sur lès bienséances théâtrales ?
Ce qui m'étonne le plus, c'est qu'aucun critique n'ait remarqué cette faute, que j'estime incorrigible, à moins que Nicomède, dès le commencement de la scène , ne s'éloigne un peu vers le fond du théâtre, et n'y revienne que par degrés, lorsqu'il s'agit de discuter ses intérêts personnels.
▲ TTALB, à Laodice, « Ne pourraî-je surprendre xxn regard favorable , « Un regard tel qu'il est quand il gagne les cœurs?
LAODiGB, à Attale.
« Si ce front est mal propre à m'acquérir le vôtre , « Quand j'en aurai dessein, j'en saurai prendre un autre.
« Vous ne l'acquerrez pas, puisqu'il est tout à vous.