SCÈNE II
Première coupure de seize vers,
m Après a^r séduit mes plus brayes sujets , « J'ai TU Jérusalem appuyer ses projets, etc. »
Cette coupure me semble d'autant plus mal faite , qu'elle supprime en partie le récit des actions et des projets de David, et ce qui réduit insensiblement ce prince au seul asile
qui la composa pour le pieux théâtre de Saînt-Gyr , oii Racine avait fait entendre de si beaux vers. Absa" Ion est faiblement écrit, mais conduit avec intérêt. On lit dans les Mémoires de Louville que cette tragédie fut jouée dans les appartemens du duc de Bourgogne : le prince et la princesse remplissaient les principaux rôles. J.-B. Rousseau jouait Achitophel ; le célèbre Baron soufflait.
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qui hii reste : tous ces éclaircissemens sont très nécessaires , principalement dans une exposition y et ne peuvent avoir été mis au néant que par un acteur peu instruit des règles dramatiques.
Seconde coupure de quatre vers,
DAVID
m Et si nous ne songeons à prévenir ses coups, « Avant la fin du jour, etc. »
Suite du manque de développement qui estropie et appauvrit le dialogue.
Troisième coupure de quatre vers,
DAVID
« Que dis-je ? un trouble affreux redouble encor ma peine ; « Il a fallu laisser votre épouse et la reine , etc. »
Comment , avec un peu de sens commun y a-t-on pu passer avec tant de légèreté sur ce qui y seul y peut instruire le spectateur de l'asile actuel de la reine, sur celui de sa bellefille, et sur TofiBcier préposé à la garde de leurs personnes ? Je crois ces quatre vers nécessaires au plan et à la conduite de la pièce.
JOAB
« Informé qu'Amasa, par un avis sincère, « Avait de nos desseins dévoilé le mystère. »
La Comédie a substitué le mot secret à
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celui de dessein; mais elle n'a point observé que secret et mystère qui se trouve plus bas, était un pléonasme.
Un secret est toujours mystérieux ; j'estime qu'il faut rétablir le texte de l'auteur.
j o A B , en parlant d'Absalon, « Un plus juste sujet demande son courroux. »
Que veut dire un sujet qui demande le courroux de quelqu'un? Cette tournure n'est pas française ; l'auteur a voulu dire : que le courroux d'Absalon se porte sur un plus juste sujet ; et voici ce que je propose pour rendre son idée plus claire et plus juste :
Sur un plus juste objet qu'il fonde son courroux.
JOAB , à David.
< En yain tout Israël s'arme pour un rebelle ; « Le nombre ne doit pas rallentir notre zèle, etc. »
Je remarque qu'après ces vers qui sont trèè pressans , et qui témoignent une action très vive ; je remarque , dis-je , que Joab disserte trop, qu'il débite des maximes quand il faut agir , et qu'il montre de l'esprit fort mal à propos.
Ainsi je crois qu'on pourrait couper quatre vers dans cet endroit , et aller de suite à celui-ci :
« Vous les verrez, tremblans, tomber à vos genoux. »
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Quatrième coupure de huit vers.
▲ CHITOPHEI*
« Et s'il faut qu'un combat décide nofl querelles,
< Remettons à ce temps à punir des rebelles. >
Coupure très bien faite ; elle presse davantage le dialogue. Le texte ne contient rien de nécessaire; car il est ridicule qu'Achitophel s'acharne à découvrir ce traître , qui n'est autre que lui-même : c'est une hypocrisie en pure perte, puisqu'elle ne produit aucune action.
Cinquième coupure de huit vers,
DAYID.
« Toujours à vos discours la sagesse préside ,
< Et je crois que par tous c'est elle qui me guide. »
Ces huit vers ne doivent jamais être coupes, parce qu'ils établissent la confiance que David prend en ceux qu'il consulte , et dans le Dieu qui a rendu jusqu'alors ses armes f assurables. D'ailleurs le public sait et voit que David est trompé par Achifophel, dans lequel il a la plus aveugle confiance. Ce bon roi l'ignore j il est dans la bonne foi , et c'est ce qui le rend plus intéressant.
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