SCÈNE III
Neuifieme coupure de seize vers.
Depuis :
« Ah! si vous vous portiez à cette violence !
jusqu'à :
« Madame , je me tais ; le roi s'offre k mes yeux. »
Je ne vois pas bien la raison cpii a déterminé la Comédie à couper cette scène ; il me semble qu'elle expose , d'une manière simple et naturelle y la tendresse de la reine pour son fils , et l'inimitié de cette dernière pour sa belle-fille.
L'effet que produisent ces sentimens si opposés est très piquant : car il sert, par la suite , à justifier Tharès aux yeux même de la Reine, qui ne pouvait soupçonner le sang de Saiil de rester fidèle à celui de David.
Je suis d'avis que l'on rétablisse entièrement cette scène préparatoire et nécessaire , sans avoir égard aux réclamations de ceux qui l'ont fait rayer. ^
DE LEKÂIN. ITI
THABis.
« Ce sang , dont j'ai toujours soutenu la noblesse , « Ignore ce que c'est que crime et que bassesse. *
Ce que dest que et que y dans un seul vers , est horriblement dur à l'oreille : ce sont de ces négligences de style qu'il est facile de corriger, sans altérer le sens littéral de l'auteur; ce que je propose est peut-être plus harmonieux :
Ce sang, dont j'aî toujours soutenu la noblesse , Méconnaît les forfaits, ignore la bassesse.
THARÀs, à la Reine, « Mais avant qu'il soit peu , tous me connaîtrez mieux. « Madame , je me tais ; le roi s'offre à mes yeux. •
Il me parait peu fondé que Tbarès dise qu'elle se tait quand elle a tout dit; j'aime-^ rais mieux qu'elle eût l'air de continuer sa justification vis-à-vis de la Reine , et que la seule présence du Roi lui coupât la parole.
Voici mon idée sur ce changement :
Mais atant qu'il soit peu , tous me connaîtrez mieux. Vous yerrez,... Je me tais; le roi s'offre à mes yeux.