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La couronne murale, etc., etc., etc., accordée aux vainqueurs de la Bastille^ par les représentants de la 7iation, le samedi soir Vd juin 1790.
Cet heureux dénoûment (2) a été aussi soudain que la prise de la Bastille. Les vainqueurs de cette forteresse, conduits par leurs commissaires, se rendent pour la seconde fois à la barre de l'Assemblé nationale.
[Jn orateur célèbre, plein d'énergie, et depuis longtemps embrasé de tous les feux du plus ardent patriotisme, M. Camus, plaide leur cause, propose un décret dont les articles sont acceptés d'un consentement unanime. Des cris de recon- . naissance s'élèvent, et la salle en retentit.
Le décret est conçu en ces termes:
Extrait du procès-verbal de C Assemblée nationale, du samedi soir
lOjuin I79U.
« L'Assemblée nationale, frappée d'une juste admiration pour l'héroïque intrépidité des vainqueurs de la Bastille, et vou-
(1) Le comité des subsistances envoya, sur les deux heures après midi, une députalion à M. Neclier. J'en étais, et je voulus le féliciter sur ceUe belle séance; mais il me dit avec douleur : Depuis votre départ, il s'est passé bien des choses ; tout est changé *. D.
(2) L'impression de ce volume finissait , quand le sort des vainqueurs de la Bastille fut décidé à l'improviste. D.
* Voir les Mémoires de Bailly. ( Note des uouv cdit. )
lant leur donner, au uom de la nation, un témoignage public de la reconnaissance due à ceux qui ont exposé et sacrifié leur vie pour secouer le joug de l'esclavage et rendre leur patrie libre ;
« Décrète qu il sera fourni, aux dépens du trésor public, à chacun des vainqueurs de la Bastille en état de porter les armes un habit et un armement complet , suivant l'uniforme de la nation ; que sur le canon du fusil ainsi que sur la lame du sabre, il sera gravé l'écusson de la nation, avec la mention que ces armes ont été données par la nation à tei^ vainqueur de la Bastille, et que sur l'habit il sera appliqué, soit sur le bras gauche, soit à côté du revers, une couronnne murale ; qu'il sera expédié à chacun desdîts vainqueurs de la Bastille un brevet honorable, pour exprimer leurs services et la reconnaissance de la nation \ et que dans tous les actes qu'ils passeront, il leur sera permis de prendre le titre de vainqueur de la Bastille.
« Les vainqueurs de la Bastille en état de porter les armes feront tous partie des gardes nationales du royaume ; ils serviront dans la garde nationale de Paris : le rang qu'ils doivent y tenir sera réglé lors de l'organisation des gardes nationales.
« Unbrevethonorableseraégalementexpédiéaux vainqueurs de la Bastille qui ne sont pas eu état de porter les armes^ aux veuves et aux enfants de ceux qui sont décédés, comme monument public de la reconnaissance et de l'honneur dus à tous ceux qui ont fait triompher la liberté sur le despotisme.
« Lors de la fête solennelle de la confédération du 1 4 juillet prochain, il sera désigné pour les vainqueurs de la Bastille une place honorable, où la France puisse jouir du spectacle de la réunion des premiers conquérants de la liberté.
«« L'Assemblée nationale se réserve de prendre en considération l'état de ceux des vainqueurs de la Bastille auxquels la nation doit des gratifications précuniaires, et elle les leur distribuera aussitôt qu'elle aura fixé les règles d'après lesquelles ces gratifications doivent être accordées à ceux qui ont f.dt de s^néreux sacrifices pour la défense des droits et de la liberté de leurs citoyens.
« Le tableau remis par les vainqueurs de la Bastille, contenant leurs noms et ceux des commissaires choisis parmi les représentants de la Commune qui ont présidé à leurs opérations, et qui sont compris dans le présent décret avec les vainqueurs, sera déposé aux archives de la nation, pour conserver à perpétuité la mémoire de leurs noms, et pour servir de bases à la distribution des récompenses honorables et des gralilications qui leur sont assurées par le présent décret.
« Collationné à l'original par nous, secrétaires de l'Assemblée nationale, à Paris, le 21 juin 1790.
« Signé Dumoulin, Gourdan, Pierre, Dedelay, secrétaires. »