M. DE LA FAYETTE
Monsieur,
C'est au généreux défenseur de la liberté qu'une des plus célèbres victimes du despotisme devait consacrer aujourd'hui son étonnante histoire.
A peine sorti de l'enfance , vous fûtes, dans un monde nouveau , essayer ces vertus salutaires qui devaient un jour honorer votre patrie, aux yeux de l'Europe étonnée. J'étais alors dans les fers, oublié, séparé du monde , et le bruit de votre nom avait pénétré au fond de mes cachots ; un élan d'admiration se mêla à ceux de mon désespoir, et dès lors je pressentis votre gloire future.
Devenu libre, je vous vis, et j'osai vous aimer.
Heureux époux , heureux père, citoyen adoré ! la