XVIII. ARISTOTE PRECEPTEUR
préliminaires, son livre traite successivement, en cinq chapitres : 1° des premiers instituteurs d’Alexandre ; 2° des premiers rapports d’Aristote avec son jeune élève; 3° de l’enseignement élémentaire, tel qu’il le concevait et tel qu’il a dû l’appliquer dans sa fonction de précepteur ; 4° de l’enseignement supérieur et vraiment scientifique1 dont les principes se retrouvent dans les écrits du Stagirite, et dont les applications seront ensuite recherchées dans les opinions notoires d’Alexandre et dans les actes de sa vie; 5° enfin des derniers rapports du maître et de l’élève. Sur ces divers points, l’auteur a rassemblé curieusement tous les témoignages ; il les cite et souvent les transcrit avec une irréprochable exactitude. Mais la vraie critique n’est pas tout entière dans ces procédés, pour ainsi dire matériels, de la méthode. Multiplier les rapprochements est une œuvre de diligence méritoire ; mais il vaut mieux encore les choisir que les multiplier.
En général, et c’est un doute que le lecteur se pose dès l’ouverture du livre, nous reste-t-il assez de témoignages authentiques pour écrire aujourd’hui deux cent quarante pages d’histoire sur l’éducation d’Alexandre par Aristote ? L’érudition allemande ne se résigne pas assez à ignorer. On est souvent effrayé de co qu’elle entasse de volumes sur des sujets qui comportent à peine quelques pages d’assertions ou de conjectures discrètes. En ce qui concerne les rapports d’Alexandre et d’Aristote, la déclamation sophistique et la légende avaient, dès l’antiquité, trop complaisamment élargi le champ de l’histoire ; chez les modernes, l’abus des conjectures aventureuses n’aura pas moins fait pour nous égarer. J’étais déjà frappé de cet abus en lisant la dissertation de M. 6. Hegel ;
1 tes opinions d'Aristote sur l'éducation ont été exposées et discutées dans plusieurs dissertations dont on trouve la liste dans le Lexique d'Hoffmann, et plus particuliérement dans le mémoire de A. Kapp, De hisloria educationis et per nostram œtatem culta et in p osterum colenda ; Hammonæ, 1838, in-8.