D'ALEXANDRE LE GRAND
ccs propriétés1, l’auteur ne signale pas le phénomène des marées, que les Macédoniens connurent les premiers, et cela par une redoutable expérience, à l’embouchure de l’Indus’; c’était sans doute une nouveauté qui méritait d’être aussitôt décrite, à l’intention d’Aristote, par les naturalistes do l'expédition.
Le souvenir d’Alexandre est encore plus absent, si je puis ainsi dire, des ouvrages de son maître sur les autres sciences que des ouvrages d’histoire naturelle. Pour commencer par la Politique , M. Barthélemy Saint-Hilaire a fait justement observer que la mort de Philippe est le fait historique le plus récent qui s’y trouve mentionné ’.Au troisième livre du même ouvrage *, l'auteur se demande quel peut être dans l’Etat le rôle des hommes supérieurs; il les compare aux dieux mêmes, et il ne semble pas concevoir « que la loi soit faite pour eux, car ils sont la loi même. » Détachées du chapitre dont elles font partie, ces lignes ont pu paraître un hommage indirect et délicat au génie d’Alexandre. Mais, en lisant le chapitre entier, on s’aperçoit bientôt qu’Aristotey voulait simplement expliquer une loi célèbre dans les cités grecques, la loi de l’ostracisme, destinée à sauver la démocratie des périls que pouvait lui faire courir l'ambition soutenue par de trop grands talents. En général, les principes d’Aristote en politique sont loin de s'accorder avec la politique de Philippe et d’Alexandre *.
Dans la Morale à Nicomaque *, on a cru saisir quelques al-
1 Meteorologica, u, 1-3.
1 Arrien, Anabasis, vi, 19; récit amplifié dans Quinte-Curce, vi, 4.
1 Note sur la traduction française de la Politique, VIII, chap. vm, § 10, p. 440 de la deuxième édition.
* Chap. vin.
* Voir là-dessus d’excellentes observations de M. Charles Thurot, Etudes sur Aristote ( Politique , Dialectique, Rhétorique), Paris, 1880, in-8, p. 115-117.