‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 139 sur 153 · XXI. EXAMEN DES FABLES · texte numérisé non relu

XXI. EXAMEN DES FABLES

quelque auteur oublié, et plus ou moins digne de l’être. Il exhume les grammairiens et les rhéteurs du moyen âge, cor' rigoanl, annotant même, avec une complaisance qu'il a souvent avouée en termes aimables1, de pauvres auteurs pour lesquels Fabricius n’a pas toujours une mention dans sa Bibliothèque, C’est presque sans intention bien arrêtée, presque par hasard, que M. Boissonade nous a donné cet excellent petit recuoil do poètes classiques do l’ancienne Grèce. Il est depuis revenu à sos écrivains favoris, qu'il nous a fait aimer par la variété d’un commentaire souvent capricieux, mais toujours instructif. Peu de philologues ont ainsi comparé par de fréquentes études les époques les plus diverses d’une lUêmo littérature, peu de critiques pouvaient apporter il la recension des textes conquis par M. Minas un sens plus délicat et mieux exercé. Aussi l’édition do Babrius, quo nous allons enfin examiner, sera-t-elle accueillie avec joie par tous les amateurs de la littérature ancienne.

Une première question se présente dans cet examen, celle d’authenticité : ello est heureusement facile à résoudre ici. Sur les cent vingt-trois fables contenues dans le manuscrit de Sainte-Laure, douze se retrouvent, avec des variantes, dans le recueil dû aux travaux successifs de Tyrhwtlt, Schneider et Knoch 2 ; plusieurs vers des cent ouïe autres sont cités par Suidas ou d'autres grammairiens, Enfin, certaines fables en prose, déjà connues, viennent s’adapter si naturellement sur les ïambes de Babrius, qu’il est impossible de ne pas reconnaître dans ces derniers l'original sur lequel elles ont été ré-

» Voir la Préface des Philostrati epàstolœ, Pari», 1843, in-8, p. six ; celle des Opuscules de P.-ellus, publics en 1838 ; et, pour ping de défaits sur ces publications du savant philologue, notre article inséré au Journal général de l’ Instruction publique du 13 novembre 1815.

* Ces d ouïes fables sont sous les numéros 1-7, 9-13, 30 du Recueil de Knoch, i|ui répondent aux fables 13, 88, 38,37, 83, 117, 58, 84,100,101, 96 du Recueil découvert par M. Minas.

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digôes. A cet égard donc, il no peut rester le moindre soupçon d’erreur ni de surprise. Le manuscrit du mont Athos, incomplet par malheur, nous offre réellemont une moitié environ (les fables y sont rangées par ordre alphabétique et s'arrêtent à l'omicron) de l'ancien Babrius; il nous fait remonter de plusieurs siècles vers une forme do l'apologue ésopique qu’ont bien défigurée, au moyeu âge, les Tzetzès, les Ignatius et les Planude. Mais à quel siècle enfin nous fait-il remonter? L’article B« briu$, dans Suidas, ne nous apprend rien sur l'âge de ce fabuliste. Avianus, qui le cite dans la préface do ses fables latines, est lui-même d’une époque encore incertaine, Lo témoignage très-précis do l’empereur Julien porte du moins avec lui une date qui no permet pas de placer Babrius audessous du troisième siècle do l'ère chrétienne, bien qu'Ausone, au quatrième, no paraisse pas le connaître, ou du moins ne lo pommo pas dans un passage où il semble que ce nom fût le premier qui dût se présenter à lui '. Sur ce point, les textes que public M. Boissonade n’apportent pas d’argument décisif. Deux préfaces, l’uno mutilée, au début du premier livre, l’autre complète, au début du deuxième, toutes deux adressées à un certain Branchus, fils du roi Alexandre ; une allocution au même Branchus dans la fable soixante-quatorze, un renseignement sur les mœurs des Arabes dans la fable cinquante-sept, renseignement qui semble prouver que l’auteur visita l’Arabie, ou même y vécut ; tels sont à peu près les seuls indices chronologiques qui viennent s’ajouter aujourd'hui aux précédentes conjectures des érudits. On peut croire avec M. Boissonade que Babrius est un contemporain de cette dy-

1 Voir ces témoignages classiques dans Fabricius, BM. grmea, 1. 1, p. 628 et $uiv„ édit. lUrlus, et dans la dissertation de Knpeb citée plus haut, t’armi les Iravaux anciens sur cc sujet, l’un des plus utiles 4 consulter est la dissertation de H. Cannegieter de Ætate et stylo Flavii

Aviani, à la suite de l’édition des Fables d' Avianus, par le même, Amsterdam, 1731, jn-8,

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