‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 145 sur 153 · XXI. EXAME» DES FABLES · texte numérisé non relu

XXI. EXAME» DES FABLES

Babrius est si souvent cité ; mais, en pareil cas, il distingue avec soin les citations prises d’une autre rédaction que celle du manuscrit de Sainte-Laure. Souvent, enfin, il signale à de plus heureux, “ou, comme il aime dire, à de plus habiles, les fautes qui ont résisté à tous ses efforts.

Malgré Yerrata de la grande édition, malgré plusieurs corrections introduites par M. Boissonade dans le tirage à part du texte destiné à nos collèges, il restait encore bon nombre de passages corrompus où pouvait s’exercer l’esprit des philologues. Souvent admis aux confidences de l’éditeur de Babrius, M. Dübner lui avait suggéré plus d’une leçon nouvelle, accueillie avec cette bonne grâce que M. Boissonade met aux plus petites choses. Il a trouvé encore, sur la dernière recension de l’helléniste français, l’occasion de plusieurs conjectures ingénieuses. C’est ainsi que dans une très-courte mais très-agréable allégorie, les Noces des dieux, le mot éxCCOTM, au second vers, produisait un double embarras pour le sens et la métrique. En lisant évitée™ (xXiîçu), M. Dübner remédie au mal : « Les dieux prenaient femme, Polémos (le dieu de la guerre), arrivant le dernier, ne trouva plus à prendre que l’Injure, etc. » Dans la fable xlix, il remplace utilement par irraîti le mot mwrii, qui n’ofTrait pas. dans ce discours de la Fortune, un sens raisonnable. Dans la fable xii, il recompose, à l’aide de deux conjectures très-vraisemblables, les derniers vers de la morale, qui offraient une construction pénible et une idée obscure. Mais, en général, il prend pour ces corrections une liberté qu’on a besoin d’excuser par l’aveu qu’il en fait avec une entière franchise. Nous croyons même que, çà et là, il eût pu ranger parmi les jeux de sa critique telle correction présentée avec confiance comme à peu près certaine ou nécessaire. Par exemple, dans la première fable, le lion provoque l’homme à un combat singulier ; l’homme, armé de son arc, prie le lion de rester à distance, et décoche un trait qui lui traverse les flancs. Le lion s’enfuit, et comme

DK BABHIIIS.

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