SOS
le renard lui conseille de retourner à l’attaque, il répond : « Quand le messager qu’il envoie est si terrible, je vois bien ce qu’il doit être lui-même. » Au lieu de -p-ywlcjxM, je vois, je reconnais, M. Dübner veut lire rt7pw<jxuv. Il me semble que c'est affaiblir l’opposition si énergique de lù-rb; et l’homme
lui-même et son messager 1 ; d’ailleur3, M. Dübner ne remarque pas que le verbe se retrouve plus haut dans
les paroles de l’archer au lion : qvw<ni t£ av. roenrov èonv. Prenons bien garde de donner trop d’esprit à Babrius. Dans la fable Lxxin, le texte dit : « Le milan avait une autre voix aiguë. ■> M. Dübner change ïo.-m en à».™, ce qui améliore évidemment le sens ; mais fyti (imparfait de pour tf^i me parait moins sûr, malgré l’avantage qui en résulte pour le mètre. Avoir une voix n’est pas un gallicisme très-choquant dans un poète qui appelle ailleurs • la mer un élément ennemi («tîixiî'.v ix®p»'v), et qui lui fait prendre une voix de femme (-juvxucsJuv xaSoüoi oaréy) . Beaucoup d’autres conjectures de M. Dübner corrigent sans effort des fautes de métrique plus ou moins graves transmises dans le manuscrit. Mais on peut dire que le travail de la critique n’est pas épuisé sur le texte de Babrius. Quelques glanes seront recueillies encore dans les grammairiens, quelques altérations de la copie de Sainte- Laure céderont à une étude plus attentive.
Par exemple, dans la fable 28, pourquoi n’avoir pas lu, au dernier vers, mi-mta, V embonpoint , au lieu de itsiotut* ou maott.tix, termes vagues et abstraits qui vont mal au langage de la grenouille parlant d’un bœuf? M. Boissonade et M. Boyer, dans leur traduction, se sont vus forcés, par les idées mêmes, de suivre un sens analogue ( vastitatem , grosseur). Fable 108,
1 Je remarque que cette opposition est conservée dans le quatrain d'Ignatlus Magisler, édit. Coray, p. 183.
a Fable 71, où fou ne peut supposer aucune altération dans les mots que nous en avons cités.
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