‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 147 sur 153 · XXI. gXAHIÎM DBS FABLES · texte numérisé non relu

XXI. gXAHIÎM DBS FABLES

v. 17, 51. Dübner relève avec raison hAtBs; (leçon de

M. Boissonade), ou ~/.r?n (leçon du manuscrit). H faut ici un terme spécial qui réponde à («trop i»v) et (où»«i) qu’on

lit dans le vors suivant. Ce mot ne serait-il pas tout simple^ ment Riipr, pour m-p», besace, sac, employé plusieurs fois ailleurs par Babrius, notamment dans la fable 86 ?

11 nous reste maintenant à apprécier en quelques mots la traduction latine de Babrius par M. Boissonade.

A vrai dire, Babrius est, pour le fond, déjà traduitdans toutes les langues, car on ne compte guère qu’une dizaine do ses apologues dont le sujot soit aujourd'hui complètement neuf pour nous1. Mais ce qui est presque toujours neuf dans son livre, l'élégance, la précision expressive du style, la vivacité d’une mise en scène que seconde heureusement le mètre ïam-

bique, tout cela offrait au traducteur philologue et homme

de goût bien des difficultés. Grotius eût peut-être osé les combattre en poète ; plus modeste que Grotius et aussi trop pressé de livrer au public ces pages impatiemment attendues , M. Boissonade se contente d’animer sa prose latine de toutes les grâces qui peuvent s’unir avec l’exactitude, 11 ne craint pas, au besoin, de forger un mot utile pour traduire quelque vive épithète, ou de détourner légèrement une expression classique de son sens vulgaire pour l’appliquer à certaine finesse de langage, autrement intraduisible dans le poète grec. C’est ainsi que, dans la belle fable du Lion malade, le renard, qui amène traîtreusement la biehe auprès du roi des animaux, reçoit chez Babrius l’épithète d'à-fu-fü,-.' Le traducteur latin a trouvé dans Sénèque le nom de ces hommes qui jouaient, aux élections de Rome, le rôlo d’entremetteurs, pararii. Employé au féminin, pararius lui fournira fort à propos un équivalent du mot grec. Il faut bien connaître les ressources d’une langue pour suppléer ainsi à sa pauvreté par des in-

1 Voir plus haut, p. *97, note 1.

DE BAtmillS.

ventions que ne réprouvent ni le bon goût ni la grammaire.

p,-S, Depuis que ces observations sont écrites, des publications nombreuses, quoique d'imporlance inégale, ont prouvé le jcèle des philologues, pour ces nouveaux textes de Babrius, et l'intérêt qu'ils inspirent aux amateurs de la bonne littérature. A la traduction française en prose de M. Boyer (Paris, 1844) est venue se joindre une traduction eu vers de M. Sardin (Paris, J846). La seulo année 1845 a vu paraître les éditions nouvelle» du texte par M- C, Lacbmann (Berlin, in-8, avec les autres fragments de la poésie cboiiambique, recueillis par A. Meineke); d’Oreili et Baiter (Zurich, in-16), et de Weise (Leipzig, in-16, dans la collection Tauchnitz); de M. Meyer (Paris, in-12, édition à l’usage des classes). M. Dilbnor a complété la petite édition do M. Boissonado par une B revis expliçatio fabulurum Babrii (Paris, in-12) qui est un modèle do bon goût et de mesure. En 1849, M. L. Passerat a donné une édition de Babrius très-soignée et très-heureusement appropriée aux besoins de l’enseignement classique. Dans tous ces livres, sauf une exception regrettable, le mérite du premier éditeur, M/Boissonade, est reconnu avec autant de courtoisie et de justice par ceux mêmes qui ont le plus contribué à corriger le texte du fabuliste grec.

Tout récemment, on a pu croire un instant que l’espoir de recouvrer la fin du recueil apporté d’Orient par M. Minas allait se réaliser. M. G. Cornewall Lewis, qui avait donné, en 1846, à Oxford, une édition de ce recueil, en a publié un nouveau recueil de quatre-vingt-quinze fables prétendues originaires d'un manuscrit dont M. Minas avait vendu la copie au British Muséum. Mais une note de M. Diibner* a bientôt averti le public français que cos nouvelles fables étaient le

' Babrii fabules Æsopeœ. E cod. ms. partem secundam aune primum edidil G. Cornewall Lewis, London, 185», in-8.

1 Dans le Journal général de C Instruction publique, du 15 février 1860.

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