‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 24 sur 153 · APERÇU DES ORIGINES · texte numérisé non relu

APERÇU DES ORIGINES

du grand travail critique d’Aristarque sur Homère ; on nous a donné récemment un traité complet de la doctrine de ce maître célèbre, traité qui annonçait une édition aristarchéenne de l'Iliade *.

Une note trop courte, il est vrai, mais pourtant expressive des anciens scholiastes, nous apprenait qu’Aristarque et Aristophane de Byzance avaient condamné, comme suspects d'interpolation, les 624 derniers vers de l 'Odyssée, et Wolf souhaitait que cette question fût de nouveau soumise à un examen consciencieux. Ce vœu a été rempli dans un livre spécial d’Aug. Spohn *, où les faits comme le style de cette dernière partie du poème sont examinés avec une sévère exactitude. Wolf avait signalé d’après la publication, alors récente, de quelques pages inédites du grammairien Proclus, l’importance du Cycle épique, où se rangeaient autrefois, à côté de V Iliade et de l 'Odyssée, de nombreux poèmes complétant le cercle des traditions héroïques, et dignes, au moins pour l’intérêt historique, d’être comparés avec les œuvres d’Homère : ces fragments du Cycle ont été réunis et discutés dans plusieurs dissertations , et en 1835, un des plus savants archéologues de l’Allemagne, M. Welcker 5 ramenait au

* De Aristarchi studiis homericis ad præparandum homericorum carrtUnum textum Aristarcheum scripsit K. Lchrs. Koenigsberg, 1833, in-83.

1 De exlrema parte Odysseœ. Lipsiæ, 1816, in-8.

3 Der epische Cyclus Oder die Homerischen Dichter. BonD, 1835, in-8 (c’est un volume supplémentaire du Rheinisches Muséum ). Voyez surtout, p. 127 et suivantes. Parmi les devanciers de M. Welcker, dans cette discussion, il en est un que ce savant parait n’avoir pas connu. Boucbaud dans sa dissertation Sur les poètes cycliques ( Antiquités poétiques ; Paris, an Vil, in-8°) selon qu’il se l’est proposé, « donne une idée assez juste et du cycle épique et des poètes dont les ouvrages composèrent ce cycle. » Mais, lui-même, il n’a pas connu les textes publiés, quelques années auparavant, en Allemagne, par Tychsen, ni les Prolégomènes de Wolf, et il n’a pas compris les rapports qui unissent les questions relatives au cycle épique avec celle dont les poèmes d’Homère sont de-

point de vue spécial du Cycle toutes les questions relatives aux poésies homériques. Admettant, lui aussi, plusieurs Homères, mais donnant au mot Homeros, d’après une étymologie d’ailleurs assez vraisemblable, le sens d 'arrangeur, il caractérise de ce nom, outre les doux poètes de l 'Iliade et do l 'Odyssée, tous les poètes qui ont, en divers pays do la Grèce,' avec un talent et des succès très-divers, mis en ordre les traditions épiques de leur patrie : grande concession aux défenseurs de l’unité des poèmes homériques, remarquable effort de la science pour retrouver ce personnago du poète créateur que, dans un excès de pouvoir, elle avait failli anéantir. Bientôt l’autorité d’Ottfried Muller ne craindra pas de prononcer « qu’il n’y a ni dans le nom d'Homèro ni dans les récits qui le concernent de raisons suffisantes pour résoudre ce poète en un personnage fabuleux et idéal '.» Mais tous ces travaux, tous ces retours de l’opinion n’ôtent pas au livre de Wolf sa vive et précieuse originalité, et nous pouvons, sans injustice pour ses continuateurs, commo pour sos devanciers, le regarder et l’étudier, tout incomplet qu’il est encore *,

venus le sujet ; erreurs et défauts qui s'expliquent trop bien, s’il est vrai, comme l’affirme, pièces en mains, M. Juste (Sur C origine des poemes attribués à Homère, et sur les cycles épiques de C antiquité et du moyen âge, Bruxelles 1849, in-8, p. 39), que le livre de Boucbaud soit un pur plagiat de la dissertation latine de Bezzel sur le même sujet, publié à Altorf en 1714.

1 Geschichte der Griechischen Literalur bis auf das Zeitalter Alexander s. Nach der Handschrlfldes Verfassers herausgegeben von Dr. Eduard Millier, t. I, p. 75 : « Weder in dem Namen Homers noch in den Nacb- « richlen überihn liegt irgend ein hinreicbender Grand itin in ein bloss v sagenbaftes und idealisches Wesen aufzulûsen.»

3 Wolf s’était proposé de conduire sans interruption l’bistoire des poésies homériques depuis leur origine jusqu'à nos jours. Il s’est arrêté à Cralès de Mallos, c’est-à dire au deuxième siècle avant notre ère. (I faut, du moins, ajouter à ses Prolégomènes les préfaces des éditions qu'il a successivement données d’Homère en 1794, 1795 et 1804 (ces trois préfaces sont réuniesdans l’édition de 1804); ses Lettres à Heyne

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