III. APERÇU DES ORIGINES
comme le principal manifeste de la critique moderne sur ce sujet tant controversé '.
Hésiode est moins populaire qu’Homère et moins admiré ; d’ailleurs l’un des poèmes qui portent son nom, se composant surtout de préceptes sur la vie agricole, pourrait être impunément attribué à divers auteurs. Mais l’auteur même de la Théogonie n’échappe pas aux attentats qui ont troublé la renommée longtemps paisible du vieil Homère. Ce poème paraît maintenant à quelques savants juges le résumé d’un long
Berlin, 1797, in-8; dans ses Mélanges, le morceau intitulé : Si Homère peut être traduit ; enfin ses leçons ( Vorlesungen) sur les quaire premiers cbants de l'Iliade, publiées par M. Usteri. Il est fâcheux que l'éditeur allemand d’une récente réimpression des Prolegomena n’ait pas songé à les compléter par ces utiles additions.
* Wolf semble avoir résumé d’avance toutes les discussions que devaient faire naître ses doctrines quand il écrivait à la fin d’une de ses préfaces, en 1795 : • Haud ignoro quam invidiosa hæc sit disputatio in « sublilissimis rebus generis ejus, quod nonnulli totum chiromanlix « cognatum putant, et quam in iis difficile sit ferire medium, non illud « quidem quod vulgo tulissimum dicitur, sed boc quod crilicæ artis « leges proponunt. Nam quoniam iisdem ralionibus, quibus reliquæ sus- « piciones nituntur, certum est lum in Iliade, lum in Odyssea orsam « telam cl deducta aliqualenus fila esse a vate qui princepsad canen- « dum accesseral (illuc aulem non potuit ipse non trahi sérié cycli Tro- « janiet studiis auditorum et proprii ingenii magniludiue); forsitan ne « probabiliter quidem demonstrari poleril a quibus locis polissimum « nova subfemina et lenibi procédant : at id tamen, ni fallor, poterit ef- « (ici utliquido apparent, Homero nibil prætcr majorent partem carmi- « num tribuendam esse, reliqua Homeridis præscripla linéaments perte sequentibus; moi novis et insignibus studiis ordinata scriplo corpora « esse a Pisislralidis, variisque modis perculta poslbac a SiaexïuaaTaî;, « in levioribus quibusdam rebus etiara a Crilicis, a quorum aucloritale « hic vulgatus texlus pend et.» On peut comparer avec ces lignes l’ouvrage où M. Geppert, en 18i0, résume, à un point de vue et dans un ordre nouveaux, la grande controverse homérique : l’eber den Ursprung der Bomerischen Gesange (Leipzig).
DE LA LITTÉRATURE GRECQUE. Ht
travail sur les traditions mythologiques de l'ancienne Grèce ; Hésiode n’en est plus que le dernier rédacteur
Ainsi, de tout côté, dans l’étude de cette littérature primitive, nous rencontrerons le doute, les problèmes, les hypothèses. Quelle méthode nous guidera au milieu do pareilles difficultés ? C’est de quoi il me reste à vous entretenir.
L’objet de ce cours est, pour parler simplement, de vous enseigner la littérature grecque. Vous me permettrez donc de vous supposer tout à fait ignorants sur l’époque et sur les auteurs que nous devons étudier ensemble. Ce sera la meilleure manière de prémunir votre raison comme la mienne contre les préjugés du scepticisme contemporain. Hésiode et Homère ont été longtemps des personnages très-historiques et très-réels. C’est ce qu’ils sont encoro pour le plus grand nombre de ceux qui les lisent. Nous les prendrons pour tels par provision. Nous no prétendrons pas, dès l’abord, en savoir plus long sur leur compte que n’en sait un homme du monde
* Voir la Dissertation sur Ut Théogonie d'Hésiode, par M.Guigniaut; Paris, 1835, in-8°, et dans V Encyclopédie des gens du monde, les deux articles Uomërb et Hksioue, où les discussions modernes sur ce sujet sont brièvement mais habilement résumées. On peut consulter encore avec fruit la Dissertation sur les œuvres d’Hésiode, par M. llamel; Paris, 1832, in-8*. Les dernières opinions des critiques sur la Théogonie (Klausen, 1833 ; Ranke, 1810 ; Gruppo, 1811) sont résumées et discutées dans une série d’articles par M. J. Caesar, Gazette philologique de Mariner g, 1813, u. 38-10, 51-51. Voir encore Lehrs : Qucestiones epicœ (Koenigsberg, 1837), Diss. III : De Hesiodi operibus et diebus, et Marckschellel : Hesiodi, Cinœthonis, Asiiet carminis Naupactii fragmenta. — Prœmissœ sunt commentationcs de genealogica Grœcorum poesl, de schola hesiodea, de deperditis Hesiodi reliquorumiue p oetarum genealogkorum carminiius; Upsi*, 1810, in-»".