DES CONDITIONS DU POEME ÉPIQUE
Le cours de l’année dernière a été consacré à l’étude des poèmes homériques. Celui de cette année commencera par un examen des poèmes d’Hésiode. Il m’a semblé utile de résumer entre ces deux séries de leçons quelques observations, quelques vérités générales qui dominent le sujet dont je m’occupe en ce moment. L’examen de l’épopée homérique, fait surtout au point de vue de l’histoire, excluait certaines questions de critique, qui, sans appartenir directement à un cours de littérature grecque, y peuvent néanmoins être discutées avec autant d’intérêt que de profit. D’ailleurs, à force démontrer que, selon nous, Y Iliade et l 'Odyssée n’ont pas l’unité savante de conception qu’on leur prête d’ordinaire, nous avons pu laisser croire que cette unité idéale, dont on a fait la suprême loi du poème épique, n’était à nos yeux qu’une chimère ; nous avons besoin d’expliquer là-dessus, notre pensée clairement et dans sa juste mesure.
A prendre l’épopée dans le sens vulgaire de ce mot, on compte par centaines les épopées qui ont vu le jour depuis Y Iliade et Y Odyssée. On écrivait récemment dans une Revue anglaise, à propos d’un nouveau poème épique : « Cet ouvrage est, après tout, le meilleur des poèmes épiques qui ont paru celte année, » Naguère encore quelqu’un dressait on Italie
1 Première leçon du Cours de 18i6-7, analyse reproduite par le Journal général de (Instruction publique.